Longtemps présenté comme l’un des pays les plus stables d’Amérique centrale, le Costa Rica arrive pourtant à ce changement de pouvoir sur fond de hausse de la criminalité. Investie vendredi à la présidence, Laura Fernandez a promis à la fois une vaste offensive contre le crime organisé et le maintien de liens étroits avec les États-Unis.
Âgée de 39 ans, Laura Fernandez a remporté le scrutin du 1er février face à de nombreux candidats pour succéder au président sortant Rodrigo Chaves. Celui-ci, proche allié du président américain Donald Trump, doit rester au gouvernement dans une configuration inhabituelle, comme ministre à la fois de la présidence et des finances, ce qui lui assure une influence importante dans la nouvelle administration.
Sécurité durcie et continuité politique
La nouvelle présidente a promis de vastes réformes de la justice et des lois sur la sécurité, ainsi qu’une répression élargie de la criminalité. La semaine dernière, en présentant son nouveau ministre de la Sécurité, Gerald Campos, elle a lancé, dans des propos rapportés à Al Jazeera, une « guerre sans quartier, une guerre musclée contre le crime organisé ».
Le Costa Rica est devenu ces dernières années une route de transit pour le trafic de drogue vers les États-Unis, tandis que la criminalité y a fortement augmenté. Le pays construit aussi une prison de haute sécurité inspirée du centre antiterroriste CECOT du Salvador. Comme le Salvador, il a également accepté d’accueillir des non-citoyens expulsés des États-Unis dans le cadre d’un accord signé en mars. Des organisations de défense des droits ont condamné ces accords dits de « pays tiers », estimant qu’ils laissent des expulsés dans des pays avec lesquels ils n’ont aucun lien et où ils peuvent être exposés à des conditions inhumaines.
Des signaux adressés à Washington
La volonté de préserver des liens étroits avec Washington s’est aussi traduite par la nomination du deuxième vice-président, Douglas Soto, au poste d’ambassadeur dans la capitale américaine. Kristi Noem, envoyée spéciale des États-Unis chargée de la politique baptisée « Shield of the Americas » par l’administration Trump, assistait à la cérémonie d’investiture. Le président israélien Isaac Herzog était également présent, dans le cadre d’efforts visant à renforcer les liens avec la région durant les retombées politiques de la guerre à Gaza.
Sur le plan intérieur, le Parti du peuple souverain de droite (PPSO) de Laura Fernandez a obtenu 31 des 57 sièges de l’Assemblée à chambre unique. Cette majorité absolue lui donne une position renforcée au moment de son entrée en fonction.