Le dépouillement des urnes au Costa Rica laisse entrevoir une issue rapide pour l’élection présidentielle. Alors que le pays d’Amérique centrale est confronté à des enjeux sécuritaires majeurs, les premières tendances placent la candidate du parti au pouvoir dans une position dominante, remettant en question la nécessité même d’un second tour.
Les électeurs semblent avoir privilégié la continuité de la politique sécuritaire actuelle. Selon les résultats partiels portant sur 31 % des bureaux de vote, relayés par notre confrère Al Jazeera, Laura Fernandez, candidate du Parti du Peuple Souverain (PPSO), a pris une avance considérable sur ses concurrents dès la soirée de dimanche.
Une victoire possible dès le premier tour
Les chiffres communiqués sont éloquents. Laura Fernandez récolte pour l’instant 53,01 % des suffrages exprimés. Son principal rival, Alvaro Ramos du Parti de la Libération Nationale (centre-gauche), se trouve loin derrière avec 30,05 %. L’ancienne Première dame, Claudia Dobles, ne parvient à capter que 3,9 % des voix.
Cette configuration est décisive pour l’avenir politique immédiat du pays. La loi électorale costaricienne stipule qu’un candidat doit obtenir au moins 40 % des voix pour remporter l’élection sans passer par un second tour. Avec un score provisoire dépassant largement ce seuil, Laura Fernandez semble bien partie pour éviter le ballottage prévu initialement le 5 avril.
La prime à la sécurité
Âgée de 39 ans, Laura Fernandez n’est pas une inconnue du système. Ancienne ministre de la Planification nationale puis de la Présidence, elle a été désignée par le président sortant, Rodrigo Chaves, pour assurer sa succession. Sa campagne s’est essentiellement articulée autour de la poursuite des politiques fermes en matière de sécurité initiées par son mentor.
Le Costa Rica, historiquement réputé pour sa stabilité pacifique, fait face à une augmentation de la criminalité ces dernières années. Si certains observateurs critiquent le bilan de Rodrigo Chaves sur ce point, une grande partie de l’électorat perçoit son style direct et conflictuel comme la réponse la plus adaptée pour endiguer la violence. Laura Fernandez capitalise directement sur cette demande d’ordre.
Une majorité parlementaire en construction
Outre la présidentielle, les costariciens étaient appelés à renouveler les 57 sièges de l’Assemblée nationale. Si le parti de Laura Fernandez et de Rodrigo Chaves devrait enregistrer une progression, les projections actuelles n’indiquent pas l’obtention d’une super-majorité. Ce levier législatif, pourtant réclamé par le duo exécutif, leur aurait permis d’avoir une influence directe sur la nomination des magistrats de la Cour suprême.
Dans ce scrutin où vingt candidats briguaient la magistrature suprême, la polarisation est extrême : en dehors du duel Fernandez-Ramos, aucun autre prétendant n’a franchi la barre des 5 % dans ces résultats préliminaires.