Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes ce dimanche matin en Amérique centrale, marquant le début d’un scrutin crucial pour l’avenir politique du pays. Alors que la violence liée au trafic de drogue préoccupe une grande partie de la population, l’enjeu principal de cette journée ne réside pas uniquement dans le choix du prochain chef d’État, mais dans la capacité du mouvement actuellement au pouvoir à réaliser une performance électorale qui rendrait inutile tout second tour. Près de 3,7 millions d’électeurs sont attendus aux urnes pour trancher entre changement et continuité.
Les opérations de vote ont débuté à 6 heures, heure locale (12h00 GMT), et se poursuivront jusqu’à 18 heures (00h00 GMT). Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les premières tendances devraient se dessiner quelques heures après la fermeture des bureaux. Ce scrutin intervient dans un climat particulier où le président sortant, Rodrigo Chaves, bien que constitutionnellement empêché de se représenter immédiatement, conserve une cote de popularité élevée de 58 %, malgré des taux d’homicides records durant son mandat.
**Une victoire possible sans prolongation**
La dynamique électorale semble favoriser Laura Fernandez, ancienne directrice de cabinet et protégée du président sortant. Les sondages la créditent de plus de 40 % des intentions de vote, un seuil décisif dans le système électoral costaricien. Si ce score se confirme dans les urnes, Mme Fernandez remporterait la présidence dès le premier tour, évitant ainsi le scrutin de ballotage prévu le 5 avril.
Face à elle, l’opposition apparaît fragmentée. Ses rivaux les plus proches, Alvaro Ramos, économiste centriste, et Claudia Dobles, architecte et ancienne Première dame, ne récoltent pour l’instant que des intentions de vote à un chiffre. Ils restent néanmoins les deux figures susceptibles d’accéder à un éventuel second tour si la favorite ne parvenait pas à franchir la barre des 40 %.
**L’objectif d’une majorité qualifiée**
Au-delà de la présidence, le camp au pouvoir vise un contrôle absolu du pouvoir législatif. Laura Fernandez a appelé les électeurs à lui accorder 40 des 57 sièges de l’Assemblée législative. Cette « supermajorité » est présentée comme nécessaire pour engager des réformes constitutionnelles, alors que le gouvernement actuel, ne disposant que de huit députés, a souvent attribué le blocage de son agenda à l’impasse parlementaire.
Cependant, une part importante de l’électorat reste indécise. Environ un quart des votants n’avaient pas encore arrêté leur choix avant le scrutin, une incertitude particulièrement marquée chez les 18-34 ans et dans les provinces côtières comme Limon, Puntarenas et Guanacaste. Ces zones sont aussi celles les plus touchées par l’insécurité.
Laura Fernandez a d’ores et déjà annoncé qu’en cas de victoire, elle intégrerait Rodrigo Chaves dans son gouvernement, positionnant sa candidature comme la suite directe du mandat actuel.