Au Costa Rica, le seuil critique que le parti au pouvoir espère franchir dès ce dimanche pour éviter tout second tour

Ce dimanche, près de 3,7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes en Amérique centrale pour désigner leur nouveau chef d’État. Si l’atmosphère générale est marquée par une certaine indifférence au sein de la population, l’enjeu politique reste majeur pour le parti au pouvoir, qui tente une manœuvre constitutionnelle délicate : conserver la présidence alors que le dirigeant sortant ne peut se représenter. Dans ce contexte de fragmentation de l’opposition, un scénario électoral précis se dessine, susceptible de mettre fin au suspense plus tôt que prévu.

Le Costa Rica s’apprête à vivre une journée électorale décisive. Alors que la Constitution interdit au président sortant, Rodrigo Chaves, de briguer un second mandat consécutif, son mouvement populiste de centre-droit semble en passe de réussir son pari de continuité. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’attention se focalise sur la capacité de la candidate du pouvoir à atteindre une barre fatidique dès le premier tour de scrutin.

**Une victoire possible sans prolongation**

Le système électoral costaricien fixe une règle claire : pour remporter la présidence sans passer par un second tour, un candidat doit obtenir au moins 40 % des suffrages. C’est précisément l’objectif que semble pouvoir atteindre Laura Fernandez, candidate du Parti du Peuple Souverain (PPSO) et ancienne ministre de la Planification.

Les dernières données du Centre de recherche et d’études politiques (CIEP), publiées fin janvier, créditent Mme Fernandez de 43,8 % des intentions de vote. Une avance confortable face à une opposition morcelée qui peine à mobiliser. Alvaro Ramos, candidat du Parti de la Libération Nationale, arrive loin derrière avec 9,2 %, suivi de près par l’ancienne Première dame Claudia Dobles à 8,6 %.

**La sécurité comme levier électoral**

Cette dynamique s’explique en grande partie par la popularité persistante du président sortant, Rodrigo Chaves, dont Laura Fernandez promet de poursuivre l’action. La campagne s’est cristallisée autour des questions de sécurité, reléguant l’économie au second plan. Bien que le nombre d’homicides ait légèrement baissé, passant de 907 en 2023 à 873 selon les chiffres préliminaires pour 2025, le sentiment d’insécurité domine.

Sur ce terrain, le camp au pouvoir adopte une ligne dure, inspirée par les méthodes du président salvadorien Nayib Bukele, qui a d’ailleurs été invité par M. Chaves à visiter le site d’une nouvelle méga-prison. Laura Fernandez propose dans son programme de finaliser cet établissement de haute sécurité pour y isoler les chefs du crime organisé, prônant également le travail obligatoire pour les détenus.

**L’inconnue de l’abstention**

Malgré ces prévisions favorables au gouvernement, le scrutin comporte une part d’incertitude liée au comportement des électeurs. Un sondage de l’Université du Costa Rica indique que près de 79 % des personnes interrogées ressentent peu ou pas d’enthousiasme pour cette campagne. Si le vote est théoriquement obligatoire, aucune sanction n’est appliquée aux abstentionnistes.

Le corps électoral compte encore environ 26 % d’indécis. Si Laura Fernandez ne parvient pas à franchir le seuil des 40 % ce dimanche, un second tour sera organisé le 5 avril prochain. Toutefois, la configuration actuelle et l’effondrement des blocs politiques traditionnels placent la dauphine du président Chaves en position de force pour une victoire immédiate.

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