Mercredi 12 août, à Tambacounda (est), Abdourahmane Ndiaye, gouverneur de la région, a accueilli la mission conjointe dépêchée pour évaluer l’acheminement des marchandises sur l’axe Dakar-Bamako. Conduite par le Conseil sénégalais des chargeurs (COSEC), elle réunit des professionnels du transport sénégalais et maliens.
Ce déplacement fait suite aux problèmes apparus récemment à certains points de passage, où des camionneurs et conducteurs sénégalais se sont retrouvés bloqués. Ces immobilisations ont perturbé le trafic, retardé les livraisons et renchéri les coûts logistiques.
D’après les termes de référence consultés par l’APS, le but principal est de rendre le corridor Dakar-Bamako plus fluide, plus compétitif et plus résilient, grâce à une analyse concertée des obstacles opérationnels, institutionnels et logistiques qui pèsent sur le fret. Les conclusions de cette mission « serviront de base à une concertation avec les autorités et les acteurs maliens en vue de renforcer la coopération et d’améliorer la performance du corridor ».
Plus concrètement, il s’agit d’examiner la situation des transporteurs et conducteurs sénégalais confrontés à des problèmes d’exploitation sur ce corridor, et de recenser les principaux obstacles liés aux démarches administratives, aux contrôles, aux échanges transfrontaliers et à la coordination entre les intervenants. La mission doit aussi collecter les préoccupations et suggestions des transporteurs, chauffeurs, chargeurs et autres parties prenantes, et observer les conditions opérationnelles aux principaux points de passage. Elle évaluera en outre les mesures déjà prises par les services compétents pour faciliter la circulation des marchandises, déterminera les actions immédiates et structurelles à même d’améliorer la fluidité du corridor et préparera la documentation technique requise pour organiser une concertation à Bamako.
Cette démarche intervient près de trois mois après l’appel de l’Union des routiers du Sénégal à suspendre les trajets vers le Mali, en raison d’attaques signalées depuis fin avril. Onze camions sénégalais avaient alors été brûlés, selon le syndicat.
Sur le terrain, la délégation du COSEC, accompagnée d’acteurs sénégalais et maliens du transport, a déjà effectué mardi 11 août une inspection au poste frontalier de Kédougou-Moussala, dans le département de Saraya (région de Kédougou). Elle doit ensuite se rendre à Kidira-Diboli, dans la région de Tambacounda, pour aborder les conditions de franchissement de la frontière, les délais et formalités administratives, les difficultés rencontrées par les transporteurs, les contrôles et formalités qui freinent la fluidité du trafic ainsi que les mécanismes de coordination.
