Joggeurs, marcheurs et familles circulent désormais plus facilement sur le front de mer dakarois. Des équipements sportifs sont utilisés par des habitants qui viennent s’entraîner, prendre l’air ou se détendre sans payer une salle de sport.
Mercredi 26 août, après 18 heures, sportifs et promeneurs se croisaient entre la Place du Souvenir africain et le rond-point du Rectorat de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. La chaleur de la journée baissait, tandis qu’une brise océanique accompagnait les activités.
Amsatou Ndiaye, enseignante à Fann Hock, a enchaîné des exercices sur une installation sportive après sa journée de travail. « Nous avons retrouvé la beauté de notre Corniche. On respire de l’air pur et on s’entraîne dans un cadre sain », a déclaré cette quinquagénaire.
Seynabou Sall a intégré la marche à ses habitudes. Absa Gomis, accompagnée de deux adolescents qui terminaient leur course par des étirements, dit venir régulièrement pour profiter de la mer.
Cette évolution des usages, relevée par lesoleil, est visible sur la Corniche ouest de Dakar, où la circulation piétonne, l’activité physique et la détente occupent une place plus importante. Cette reconquête des espaces ouverts intervient toutefois dans un contexte de réaménagement plus large lié aux Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026. Les autorités accélèrent les opérations de libération des emprises dans la capitale : la Préfecture de Dakar cible notamment la zone longeant le canal de la Gueule Tapée, entre le rond-point Abass Ndao et la Rue 6 de la Médina. Les occupants de ce secteur sont sommés de quitter les lieux au plus tard le 31 mai 2026, avant l’arrivée des athlètes.
Prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026, les JOJ donnent une visibilité particulière à cette transformation urbaine. Mais les habitants souhaitent que les installations et l’accès au bord de mer restent maintenus au-delà de la compétition. La question est désormais de savoir si les espaces libérés et aménagés pour l’événement conserveront leur fonction d’espaces publics une fois les Jeux terminés.
Les municipalités engagées
Alioune Tall, maire de Mermoz-Sacré-Cœur, explique que la libération de certains secteurs a été précédée par des réflexions et des concertations. « Après des réflexions et rencontres, nous avons estimé qu’il fallait libérer l’emprise », a-t-il indiqué.
Selon l’édile, cet espace est pratiquement le seul dont disposent les populations pour profiter de la mer et de l’air marin. L’opération associe les mairies de Mermoz-Sacré-Cœur et de Fann-Amitié-Point E, le ministère de l’Urbanisme et la Ville de Dakar, dans le cadre de l’intercommunalité, avec l’appui des Forces de l’ordre.
Thiaba Sambe utilise les installations après son travail. « Je peux venir après le travail, faire quelques exercices et rentrer. C’est pratique et cela ne coûte rien », explique-t-elle.
Alioune Tall affirme que l’objectif municipal est d’améliorer le cadre de vie et de préserver durablement l’environnement.
