L’association Djiiwerore de Bougotir, regroupant les ressortissants de Thionk Essil établis à Dakar, a transformé la capitale en vitrine des saveurs de la Casamance le temps d’une journée. Au-delà de la dégustation, cette rencontre a servi de tribune pour un plaidoyer axé sur la santé publique et la préservation identitaire, porté par une ambition qui dépasse désormais le cadre national.
Les tables dressées à Dakar offraient un panorama complet du savoir-faire culinaire de la Basse-Casamance. Les convives ont renoué avec des mets emblématiques tels que l’Etodjé et le Fileuf, des préparations à base de manioc, de pâte d’arachide et de palmistes. Le menu, volontairement orienté vers le « 100% bio », mettait à l’honneur les produits naturels comme l’huile de palme rouge et le poisson grillé assaisonné au citron, excluant systématiquement les additifs chimiques industriels.
**Une barrière contre l’érosion culturelle**
Pour la marraine de l’événement, Aminata Binetou Sagna Badji, cette exposition culinaire répond à une urgence sociale. L’objectif est de lutter contre le déracinement des ressortissants vivant en milieu urbain. Selon nos informations, relayées par Le Quotidien, Mme Badji considère que l’éloignement géographique ne doit pas entraîner une rupture avec les traditions. « Nos plats racontent notre histoire, nos valeurs et notre mode de vie. Les préserver, c’est protéger notre héritage », a-t-elle souligné, insistant sur la dimension intercommunautaire du partage.
**Vers une reconnaissance mondiale**
La dimension la plus stratégique de cette journée réside dans la perspective tracée par la marraine. Ne se limitant pas à la consommation locale, Aminata Binetou Sagna Badji a formulé le souhait de voir la gastronomie diola accéder à une reconnaissance institutionnelle de premier plan. Elle a explicitement évoqué l’idée d’une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Une démarche qui, si elle aboutissait, placerait cet héritage culinaire au même rang que d’autres biens culturels immatériels déjà protégés à travers le monde, offrant ainsi une visibilité inédite au Sénégal.