Le secteur de la construction au Sénégal a connu un début d’année 2026 en demi-teinte. Le chiffre d’affaires global a progressé de 1,6 % au premier trimestre, comparé à la même période l’année précédente. Cette légère croissance, révélée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), cache toutefois des réalités très différentes selon les branches d’activité.
La performance trimestrielle est surtout portée par les activités spécialisées de construction, dont le chiffre d’affaires a bondi de 12,9 %. À l’intérieur de cette catégorie, ce sont les travaux d’installation qui ont tiré leur épingle du jeu, avec une progression de 14,8 %. En revanche, d’autres segments ont plongé : les autres travaux spécialisés ont chuté de 35 %, tandis que les travaux de démolition et préparation des sites reculaient de 1,6 %. Les travaux de finition, quant à eux, ont connu un arrêt total, avec une baisse de 100 %.
Du côté du bâtiment, la tendance est au ralentissement. La construction de bâtiments a vu son chiffre d’affaires diminuer de 1,4 %. Cette contre-performance s’explique en grande partie par la chute de 7,2 % de l’activité de promotion immobilière. La construction pour compte de tiers, elle, est restée quasi stable, avec une hausse marginale de 0,3 %.
Le génie civil continue de souffrir
Le sous-secteur du génie civil a été le plus touché. Son chiffre d’affaires a reculé de 4,5 % au premier trimestre 2026, par rapport à la même période en 2025. Ce repli prolonge les difficultés rencontrées fin 2025, quand le génie civil avait accusé une chute de 23,2 % au troisième trimestre.
Ce contraste confirme la recomposition de la filière. Fin 2025, le secteur de la construction avait déjà connu une baisse de 4,3 % de son activité globale au troisième trimestre, d’après les précédents rapports de l’ANSD. Les activités spécialisées affichaient alors déjà une forte dynamique (+53,1 %), tandis que le bâtiment et le génie civil s’enfonçaient. Par ailleurs, le coût de la construction de logements neufs avait baissé de 0,9 % au quatrième trimestre 2025, porté par la diminution des prix des matériaux, comme le fer à béton (-4,3 %) ou le sable (-6,8 %).
Pour ce premier trimestre 2026, les données de l’ANSD, relayées par Pressafrik, montrent que la reprise reste modeste et inégale. Les travaux d’installation ont enregistré une hausse de 14,8 % sur la période.

