Cisjordanie : 15 familles cèdent sous la pression et exécutent une décision douloureuse concernant leurs maisons

La situation en Cisjordanie occupée continue de se détériorer, marquée par une intensification des activités de colonisation qui redessine la démographie de certaines zones stratégiques. Alors que les regards internationaux restent fixés sur Gaza, des mouvements de population forcés s’opèrent dans la vallée du Jourdain, où la pression exercée sur les communautés locales a atteint un point de rupture.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, quinze familles palestiniennes ont été contraintes de quitter leurs terres dans le nord de la vallée du Jourdain. Le président du conseil du village d’al-Malih, Mahdi Daraghmeh, a confirmé mardi que ces familles n’ont pas seulement fui : elles ont dû procéder elles-mêmes au démantèlement de leurs propres habitations face à la multiplication des assauts menés par des colons.

Ce départ forcé n’est pas un cas isolé dans la région. L’agence Wafa rapporte que sept autres familles de la communauté voisine de Maita avaient déjà dû plier bagage quelques jours plus tôt, cédant aux mêmes menaces et attaques. Parallèlement, des violences ont été signalées près de Jérusalem-Est occupée, notamment dans le village de Nabi Samwil, où un homme a dû être hospitalisé après une agression.

Ces déplacements interviennent dans un contexte législatif qui se durcit. Le gouvernement israélien a récemment approuvé des mesures visant à faciliter l’acquisition de terres par les colons et à classer de vastes étendues de la Cisjordanie comme « terres d’État ». Cette décision administrative inverse la charge de la preuve, obligeant désormais les Palestiniens à démontrer la propriété de leurs terres face à une administration qui en revendique la tutelle.

La réaction diplomatique ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration commune, les ministres des Affaires étrangères de huit pays, dont la Jordanie, l’Arabie saoudite, la Turquie et l’Égypte, ont condamné cette démarche. Ils qualifient ces nouvelles dispositions de « grave escalade » destinée à imposer une nouvelle réalité juridique et administrative sur le terrain, compromettant davantage la perspective d’un État palestinien.

Depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, les opérations militaires et les tensions en Cisjordanie ont atteint des niveaux records. Les données officielles palestiniennes font état d’au moins 1 114 tués et plus de 11 500 blessés dans ce territoire, tandis que les arrestations dépassent le seuil des 22 000 personnes.

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