Des milliers de familles ont vécu des activités liées au chemin de fer, autour des gares, des magasins et des ateliers. Une tribune publiée par lesoleil propose de reconstruire cet écosystème en l’adaptant aux besoins actuels, alors que la relance du rail est aussi portée par des projets concrets à l’échelle nationale.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a réuni la Société des Chemins de Fer du Sénégal, les Grands Trains du Sénégal, la Société Nationale du TER et l’APIX autour de plusieurs chantiers, dont la ligne Dakar-Tambacounda, la phase intermédiaire Dakar-Tambac et le projet Touba-Mbacké-Ngabou. Il a annoncé que les travaux préparatoires de la future ligne Dakar-Tambacounda à écartement standard seraient achevés en 2026. La voie métrique réhabilitée doit, elle, assurer la continuité du service et préserver les compétences techniques nationales.
Au lieu de limiter la relance à quelques trains de voyageurs, l’auteur défend un système ferroviaire national intégré, qui transporterait aussi des marchandises, des produits agricoles, des minerais et des biens industriels. Le réseau pourrait se développer par corridors prioritaires, en fonction de leur potentiel économique, démographique et commercial. Cette ambition rejoint l’engagement de l’État à reconstruire et à étendre le réseau, jugé plus adapté que les infrastructures aéroportuaires pour mailler le territoire.
Des gares conçues comme des pôles économiques
Le projet décrit des gares accueillant notamment des commerces, des entrepôts, des plateformes logistiques et des services. Ces activités pourraient ouvrir des débouchés aux jeunes, aux femmes, aux artisans, aux commerçants et aux prestataires, en complément du transport des voyageurs. La relance concerne aussi les cheminots : le gouvernement a promis de régler dès cette année le passif social des anciens cheminots.
Pour financer la modernisation du réseau existant, la reconstruction des gares et l’achat de matériel roulant, l’auteur évoque comme hypothèse un partenariat public-privé de long terme, encadré par l’État. L’exploitation ferroviaire pourrait être associée à la valorisation des terrains situés autour des gares, dont les revenus contribueraient au remboursement de l’investissement.
Les tarifs sociaux, l’entretien des infrastructures, le partage des bénéfices et leur retour à l’État figureraient parmi les points à négocier. La tribune plaide aussi pour que le Sénégal conserve une maîtrise nationale majoritaire de cet outil stratégique.
L’auteur affirme que le Sénégal dispose de compétences nationales en ingénierie, en finance, en logistique, en technologies et en maintenance. La continuité prévue entre la voie métrique réhabilitée et la future ligne à écartement standard donne à ces compétences un rôle direct dans la transition ferroviaire.





