Avec 21,7 millions de lignes Internet actives au premier trimestre 2025, le marché sénégalais des communications électroniques impose au régulateur des décisions concrètes sur la qualité, les tarifs et la couverture. C’est dans ce secteur en pleine évolution que Cheikh Tidiane Sarr vient d’être nommé directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP).
La nomination de Cheikh Tidiane Sarr comme directeur de l’ARTP est intervenue lors du dernier Conseil des ministres. Elle fait suite à un appel à candidatures lancé le 17 juillet, selon les informations communiquées par la Présidence de la République et le décret n° 2026-1605 du 10 septembre 2026.
Le nouveau responsable est ingénieur en génie industriel et en systèmes de télécommunications. Son parcours s’est construit au sein du groupe Sonatel, où il a exercé plusieurs fonctions liées aux systèmes, aux réseaux, à la sécurité, à l’ingénierie et au marketing.
Il a notamment dirigé Orange Finances Mobiles Sénégal. Avant cela, il a travaillé sur l’administration des systèmes, des réseaux et de la sécurité, puis sur l’ingénierie système, IP et sécurité. Il a également été chef du département Marketing d’Orange Money avant de devenir directeur de cabinet du directeur général du groupe Sonatel à son retour au Sénégal.
Cette expérience intervient alors que les usages numériques progressent rapidement. L’Internet mobile concentrait 20,9 millions d’utilisateurs au premier trimestre 2025, contre 784 000 lignes fixes. Le haut débit mobile regroupait, pour sa part, 18,2 millions d’abonnés à la 3G, à la 4G et à la 5G.
Dans une analyse publiée par lesoleil, le secteur est présenté comme un levier de l’économie et de la souveraineté numérique. La régulation devra notamment accompagner la mutualisation des infrastructures, l’arrivée de fournisseurs alternatifs et le déploiement du Plan national haut et très haut débit.
Des défis sur la concurrence et la couverture
Les écarts d’accès à Internet entre les zones urbaines et rurales restent signalés parmi les difficultés du secteur. Des tarifs jugés élevés par certaines catégories de la population et une concurrence limitée sur certains segments, notamment la fibre optique, figurent également parmi les points de tension.
La transformation numérique a par ailleurs étendu le rôle des télécommunications à l’administration, à la santé et à l’éducation. Le développement des fintechs, la cybersécurité et les expérimentations liées aux villes connectées ajoutent de nouveaux domaines d’intervention pour le régulateur.
Au Sénégal, les mesures engagées par l’État à travers l’ARTP visent à stimuler la concurrence, améliorer la qualité des services et réduire les disparités territoriales. Elles s’inscrivent dans la stratégie Sénégal numérique.
En Guinée-Bissau, Cheikh Tidiane Sarr a été directeur marketing, communication et Orange Money chez Orange Bissau de 2016 à 2020.
