Les propos tenus par Cheikh Ibrahima Ibn Cheikh Mouhyidine Diallo, Khalife de Madinatoul Dieylani, lors de la 10ᵉ conférence annuelle du Dahira Baladil Amine à l’UCAD, continuent de susciter de nombreuses réactions. En affirmant que « les magistrats sénégalais sont compétents », le guide religieux ne s’est pas exprimé à la légère. Son intervention repose sur une connaissance approfondie des principes de la justice.
En effet, Cheikh Ibrahima Diallo est un érudit du droit musulman. Dans les pays où la charia constitue le fondement du système judiciaire, les savants possédant son niveau de formation sont appelés à exercer des fonctions judiciaires comparables à celles de magistrat. Sa maîtrise du fiqh (jurisprudence islamique) et des règles gouvernant l’administration de la justice fait de lui un homme du sérail, parfaitement au fait des exigences de cette noble mission.
C’est donc avec cette double casquette de guide religieux et de juriste qu’il a salué le travail des magistrats sénégalais, tout en rendant hommage à l’ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire : procureurs, avocats, greffiers et huissiers de justice. Il a rappelé avec force qu’aucun citoyen, quelle que soit sa position, ne saurait être au-dessus de la loi.
Son message est allé au-delà de la seule question judiciaire. Le Khalife a invité les Sénégalais à cultiver le pardon et la réconciliation, tout en soulignant que ces valeurs ne doivent jamais compromettre l’impartialité de la justice. Selon lui, le magistrat doit rester équidistant des parties, guidé uniquement par le droit, l’équité et sa conscience.
S’adressant particulièrement à la jeunesse, Cheikh Ibrahima Ibn Cheikh Mouhyidine Diallo a exhorté chacun à rejeter la violence, à privilégier le dialogue, à respecter les décisions de justice et à éviter les polémiques stériles, notamment sur les réseaux sociaux.
En définitive, les déclarations du Khalife de Madinatoul Dieylani prennent tout leur sens lorsqu’elles sont replacées dans le contexte de son parcours. Elles ne sont pas seulement celles d’un guide spirituel, mais également celles d’un homme profondément formé aux principes du droit islamique et de la justice. C’est cette double légitimité qui confère à son message une résonance particulière dans le contexte sénégalais actuel.
Daouda SÉNE



