Canaries, Espagne : 150 passagers bloqués après une flambée de hantavirus sur le MV Hondius

Environ 150 passagers de 23 pays restent bloqués à bord du MV Hondius, un navire de croisière de luxe touché par une flambée de hantavirus et actuellement ancré au large du Cap-Vert. Les autorités des Canaries ont refusé son accès à leurs ports, malgré une position différente annoncée par le gouvernement espagnol.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le président des Canaries, Fernando Clavijo, a déclaré que les autorités régionales ne disposaient pas de suffisamment d’éléments sur l’épidémie pour garantir la sécurité publique. Il a ainsi affirmé qu’il ne pouvait pas autoriser l’entrée du navire dans l’archipel et a demandé une réunion urgente avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.

Trois passagers sont morts après avoir contracté le hantavirus : un couple néerlandais et un ressortissant allemand. L’Organisation mondiale de la santé a recensé huit cas liés au navire, dont trois infections confirmées et cinq cas suspects. L’OMS précise aussi que trois personnes soupçonnées d’avoir contracté le virus ont récemment été évacuées vers les Pays-Bas pour y être soignées.

Le ministère espagnol des Affaires étrangères avait pourtant indiqué que le bateau serait autorisé à accoster aux Canaries, communauté autonome espagnole, au nom des obligations de Madrid au regard du droit international et de principes humanitaires. Cette décision intervenait après des demandes formulées par l’OMS et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.

Les autorités suisses ont, de leur côté, confirmé qu’un de leurs ressortissants ayant voyagé à bord a contracté la maladie et reçoit un traitement à Zurich, tout en affirmant qu’il ne représente pas une menace pour le public. En Afrique du Sud, un ressortissant britannique est également soigné pour la souche andine du virus, que l’Institut national des maladies transmissibles du pays dit transmissible entre humains dans de rares cas.

L’OMS, par la voix de son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé que le risque actuel pour la population générale restait « faible ». L’organisation rappelle que le hantavirus se transmet le plus souvent par contact avec l’urine, la salive ou les excréments de rongeurs infectés, et que la transmission entre humains ne survient qu’après un contact prolongé et très étroit. Le Hondius avait quitté l’extrême sud de l’Argentine fin mars, et le premier passager touché, un Néerlandais, est mort le 11 avril, son corps étant resté à bord jusqu’au 24 avril.

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