La 35ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations, qui connaît son épilogue ce dimanche, ne se résume pas à une simple compétition continentale. Si la ferveur dans les stades et la qualification des Lions de l’Atlas pour la finale ont marqué les esprits, les enjeux de cette organisation dépassent largement le rectangle vert. Pour le Royaume chérifien, cet événement a pris l’allure d’une démonstration de force diplomatique et logistique, scrutée par des observateurs bien au-delà de l’Afrique.
L’organisation de ce tournoi est perçue par plusieurs chancelleries et médias internationaux comme un levier de puissance régionale. Des titres français tels que « Le Monde » ou « Ouest-France » ont souligné la capacité du Maroc à se positionner comme un carrefour stratégique entre l’Afrique, l’Europe et le monde arabe. Cette dimension dépasse le sport pour toucher au « soft power », une stratégie impulsée depuis deux décennies par le Roi Mohammed VI, faisant du football un outil de cohésion sociale et de rayonnement diplomatique.
**Un tremplin vers 2030**
Cette CAN 2025 a surtout servi de vitrine pour valider les investissements massifs réalisés dans les infrastructures. Comme le relève l’Agence Afrique, l’événement s’inscrit dans la continuité de la préparation du Mondial 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. La fluidité logistique et la qualité de l’accueil ont été saluées par la Confédération Africaine de Football (CAF), confirmant le rôle de test grandeur nature de cette édition.
Le chercheur en géopolitique Sébastien Boussois note d’ailleurs que la portée de l’événement est historique, renforcée par une mobilisation populaire constante. Les images de stades quasi-pleins et de liesse ont circulé mondialement, illustrant un Maroc moderne et ambitieux.
**L’expertise sécuritaire à la loupe**
Cependant, c’est sur le terrain de la sécurité que le Maroc a marqué des points inattendus. Avec 51 matchs disputés dans six villes sans aucun incident majeur, le dispositif mis en place a impressionné. Mêlant présence humaine, technologies de pointe, drones et milliers de caméras, cette gestion des foules a attiré l’attention de spécialistes internationaux.
Fait notable, des responsables du FBI américain ont fait le déplacement pour observer de visu ce modèle d’organisation et de sécurisation. Cet intérêt de services de renseignement étrangers témoigne de la crédibilité acquise par le Royaume en matière de gestion de grands événements, validant une vision où sécurité et diplomatie convergent pour asseoir l’influence marocaine sur la scène internationale.