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Campagne agricole 2026 : l’État mobilise 130 milliards FCFA, mais doit encore 154 milliards aux fournisseurs

Alors que le gouvernement sénégalais engage 130 milliards de francs CFA dans la campagne agricole 2026, il reste redevable de 154 milliards de FCFA aux fournisseurs d’engrais et de semences, dont 67 milliards déjà réglés. Ce double constat illustre l’effort massif consenti pour la souveraineté alimentaire, malgré les lourdes ardoises héritées des campagnes antérieures.

Sur l’enveloppe totale, 69 milliards sont destinés à l’achat d’engrais, 39 milliards aux semences et 10 milliards à la mécanisation agricole. Pas moins de 59 152 tonnes d’engrais doivent être distribuées cette année, le plus haut niveau atteint en quatre ans, selon les chiffres présentés lors d’un conseil interministériel.

Des semences acheminées dans les 14 régions

Pour les semences, 61 923 tonnes d’arachide sont programmées, et 85 % ont déjà été livrées dans les quatorze régions. La plupart affichent un taux de distribution supérieur à 90 %, à l’exception de Matam où il plafonne à 43 %. Le programme prévoit aussi 4 203 tonnes de niébé, 3 938 tonnes de maïs, 1 202 tonnes de sorgho, 624 tonnes de sésame, 600 tonnes de maïs hybride et 5 000 tonnes de semences fourragères, ces dernières visant à sécuriser l’alimentation du bétail. Le niébé fourrager bénéficie d’une subvention intégrale de l’État.

Cette nouvelle campagne s’inscrit dans la continuité des efforts budgétaires du pays. En mars 2026, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko avait rappelé que les campagnes 2024-2025 et 2025-2026 avaient déjà mobilisé 120 puis 130 milliards de subventions. Deux mois plus tard, en mai, une opération de titrisation de 80 milliards de FCFA, portée par la Banque Agricole et le marché financier régional, avait été lancée pour renforcer le financement agricole. Le ministre d’alors, Mabouba Diagne, y voyait une innovation majeure.

Présidant le conseil interministériel, l’actuel Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a assuré que la campagne démarrait dans de bonnes conditions, en dépit des prévisions de pluies déficitaires ou tardives de l’ANACIM. Il a aussi annoncé qu’une loi d’orientation agrosylvopastorale et halieutique sera bientôt soumise à l’Assemblée nationale et a réitéré l’engagement du président Bassirou Diomaye Faye à garantir des titres de propriété aux exploitants. De son côté, le ministre de l’Agriculture, Cheikhou Oumar Ba, a indiqué que les dépenses publiques seraient réorientées vers les facteurs de productivité, tout en appelant à mieux anticiper la commercialisation. C’est le directeur de l’agriculture, Makhtar Ndiaye, qui a détaillé ces chiffres devant le conseil. Selon Xalima, l’objectif de production céréalière a été fixé à 2,7 millions de tonnes.

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