Dans une situation normale, dans un régime présidentielle majoritaire à l’assemblée nationale, le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif sont soudés, pour reprendre l’expression de Dominique Rousseau.
Dans cette situation là séparation des pouvoirs est théorique, abstraite, disparition du pouvoir de contrôle du Parlement. Le Gouvernement gouverne et le Parlement valide et entérine les projets de loi.
Ici c’est le pouvoir judiciaire, notamment le Conseil Constitutionnel ou la Cour suprême joue le rôle d’arbitre pour arrêter les abus de pouvoir. D’habitude c’est souvent l’opposition minoritaire au Parlement qui saisit le Conseil Constitutionnel.
Au Sénégal, on a la situation inverse, la majorité à l’assemblée nationale prend des initiatives politiques avec des propositions de loi qui visent le pouvoir du Président de la République, le sommet de l’exécutif.
Un pouvoir exécutif désormais minoritaire au Parlement, acculé, résiste, s’oppose et saisit le Conseil Constitutionnel.
Une situation inédite qui crée de nouveaux défis qui exacerbent les conflits latents et les paradoxes de la démocratie sénégalaise, notamment en ce qui concerne les relations entre l’argent et la politique, notamment les fonds politique dont la fonction et le mode de gestion est marquée l’opacité.
Rien dans la polémique actuelle très âpre et quelque peu confuse ne permet de se retrouver avec rigueur et certitude. Dans la surenchère des propositions pour la transparence dans la gestion des affaires publiques, le choix du référendum est pertinent, et va sans doute permettre d’avancer.
Reste l’ajournement temporaire des réformes indispensables pour moderniser un système à bout de souffle. Il est bon d’y penser et d’accélérer la cadence.
À toute chose malheur est bon.
Alioune Tine*
