Le doublement annoncé de l’enveloppe des Bourses de sécurité familiale, de 70 à 140 milliards de FCFA à partir de 2027, renforce le soutien prévu pour les ménages vulnérables. Il pose aussi la question du circuit emprunté par ces fonds publics.
En 2026, le programme comptait 469 497 familles bénéficiaires, contre 355 013 en 2024. Les crédits consacrés aux allocations étaient alors passés de 35 à 70 milliards de FCFA, avec un paiement annoncé avant la fin du mois de septembre 2026.
La réflexion présentée par Seneplus propose d’examiner la capacité de La Poste à devenir un acteur majeur des paiements sociaux de l’État, sous réserve de disposer des moyens techniques, financiers et réglementaires nécessaires. Les 140 milliards destinés aux bourses sont inclus dans une enveloppe globale de 1 244 milliards de FCFA.
Selon cette proposition, si 20 % de cette enveloppe, soit 248,8 milliards de FCFA, transitaient par le réseau financier postal, les flux pourraient soutenir la trésorerie, les capacités opérationnelles et les services du Groupe La Poste. L’objectif évoqué est de créer progressivement un circuit financier public national, plutôt que de limiter son rôle au simple transfert des allocations.
Les rémunérations des 165 députés, calculées sur la base de 1,3 million de FCFA par mois, représenteraient environ 214,5 millions de FCFA mensuels. Pour les 557 maires, l’hypothèse d’une rémunération mensuelle de 500 000 FCFA donne 278,5 millions de FCFA par mois, 3,342 milliards par an et 16,71 milliards sur cinq ans.
À ces flux pourraient s’ajouter des prestations sociales, des indemnités publiques, des rémunérations d’autres catégories d’agents, des paiements de collectivités territoriales et certains règlements de fournisseurs publics, lorsque le cadre juridique, technique et financier le permet.
La proposition inclut également les frais liés aux demandes de visa, estimés à environ 10 milliards de FCFA par an au minimum. La Poste pourrait intervenir sur le paiement, la collecte et l’accompagnement administratif, sans se substituer aux ambassades ni aux autorités consulaires étrangères.
Cette activité soulève aussi la question de la protection des données personnelles liées aux dossiers de visa, notamment l’identité, l’état civil, le passeport, les photographies, les informations professionnelles, les données familiales, les itinéraires et, selon les procédures, les données biométriques.
Le développement des paiements numériques, de l’épargne populaire, de la microfinance, de l’assurance et des services aux entrepreneurs fait partie des pistes évoquées pour créer une économie autour de ces flux. La valorisation du patrimoine immobilier et foncier du Groupe La Poste pourrait également être étudiée avec la SOGEPA, la CDC et le FONSIS.
Le marché de la livraison et de la logistique est estimé à plus d’une centaine de milliards de FCFA.
