Comment concilier équité dans l’attribution des aides publiques et protection des personnes en situation de handicap ? Dans le cadre de la bourse de sécurité sociale, 355 013 ménages ont été enrôlés, a annoncé lundi la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (DGPSN). Parmi eux, 64 217 sont des personnes vivant avec un handicap.
Cette annonce intervient alors que le décret n°2023-847 du 7 avril 2023, qui limite désormais à cinq ans la durée de séjour dans le dispositif, est pleinement entré en application. L’objectif affiché est de garantir une rotation plus juste des deniers publics en faveur des couches les plus démunies. Chaque ménage bénéficiaire perçoit une allocation de 35 000 francs CFA par session.
Le ciblage des ayants droit repose sur le Registre national unique (RNU), tandis que pour les personnes handicapées, la DGPSN utilise la base de données de la Direction générale de l’Action sociale (DGAS), liée à la Carte d’égalité des chances. Une précision apportée par Libération, qui cite le professeur Cheikh Tacko Diop, selon lequel « le principe d’équité » guide désormais cette réforme.
Cette nouvelle phase du programme n’efface toutefois pas les vives tensions nées de l’application de ce même décret. En avril dernier, près de 25 000 personnes handicapées avaient été radiées du Programme national de bourses de sécurité familiale (PNBSF) en vertu de l’article 12 dudit texte, qui plafonne à cinq ans la durée de perception. La Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées (FSAPH) avait alors dénoncé une « régression humaine », tandis que son président, Moussa Thiaré, qualifiait cette mesure d’« injustice majeure ». L’atelier national de Saly, qui se tient du 11 au 13 août 2026, vise précisément à discuter des nouvelles orientations des autorités en la matière, a indiqué le directeur de cabinet de la ministre de la Famille et des Solidarités, le Dr Amadou Diaw, dans des propos rapportés par pressafrik.
