L’empire d’influence bâti par Vincent Bolloré en France s’est aussi appuyé sur l’Afrique, où ses activités portuaires, ferroviaires et logistiques ont occupé une place centrale avant leur cession. Le milliardaire français doit désormais être jugé à Paris en décembre 2026 dans un dossier lié à des concessions portuaires au Togo et en Guinée, tandis que son recentrage vers les médias se poursuit.
Héritier d’une fortune familiale issue du papier, Vincent Bolloré a progressivement transformé le groupe en réseau d’influence commerciale et politique. Cette expansion est d’abord passée par le transport et les matières premières, puis s’est renforcée dans la télévision, la radio, la presse et l’édition, au point de remodeler une partie du paysage médiatique français.
En Afrique, cette montée en puissance s’est construite autour des ports, des concessions, des entrepôts et du fret. Avant son changement de propriétaire en 2022, Bolloré Africa Logistics contrôlait 16 terminaux à conteneurs, 2 700 kilomètres de voies ferrées et des hubs logistiques dans plus de 40 pays africains. En 2021, l’entreprise a réalisé 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel avec des concessions comprenant Lomé, Conakry, Abidjan, San Pedro, Tema et Dakar, au Sénégal, comme le rappelle Aol.
Des ports africains aux médias
Cette expansion a toutefois attiré l’attention de la justice française. Des enquêteurs ont commencé en 2013 à examiner des accusations selon lesquelles le groupe aurait usé d’influence politique pour décrocher des contrats dans plusieurs pays africains. Il était soupçonné d’avoir fourni à prix réduit les services de sa filiale de conseil politique Euro RSCG, devenue Havas, afin d’aider Faure Gnassingbé et Alpha Condé pendant leurs campagnes électorales de 2010 au Togo et en Guinée, en échange de concessions portuaires. Vincent Bolloré a été placé sous enquête en 2018 et conteste toute faute.
En 2021, le groupe Bolloré a versé une amende de 12 millions d’euros pour régler les poursuites visant l’entreprise. Vincent Bolloré et deux de ses dirigeants, Gilles Alix et Jean-Philippe Dorent, avaient aussi cherché à éviter des poursuites personnelles en acceptant chacun une amende de 375 000 euros, mais un juge parisien a rejeté cet accord, estimant les accusations trop graves pour être tranchées sans audience publique. En mars, le parquet financier a annoncé que Vincent Bolloré sera jugé du 7 au 17 décembre 2026 pour corruption d’agent public étranger au Togo et complicité d’abus de confiance au Togo et en Guinée. Gilles Alix et Jean-Philippe Dorent seront également jugés.
Entre-temps, le groupe a vendu en 2022 ses activités logistiques africaines à MSC pour 5,7 milliards d’euros. Dans le même mouvement, Canal+, contrôlé par Vincent Bolloré via sa participation majoritaire dans Vivendi, a commencé dès 2020 à acheter des parts de MultiChoice, présenté comme le plus grand service de télévision par abonnement d’Afrique, avant de l’acquérir entièrement en 2025. L’article évoque aussi de nouvelles critiques visant l’influence du milliardaire dans les médias français et rappelle qu’en mars 2025, une coalition de 11 ONG de six pays africains a déposé en France une action civile pour tenter de récupérer tout ou partie des 5,7 milliards d’euros tirés de la vente des activités africaines. Ce récit est rapporté par Aol en dernière source.
