Face aux blocages institutionnels et budgétaires, Bassirou Diomaye Faye entend exercer les prérogatives que lui reconnaissent la Constitution et les lois, selon son porte-parole, Me Abdoulaye Tine. Le président ne souhaite toutefois pas que des acteurs politiques organisent une mobilisation partisane autour de lui.
Dans un entretien accordé à L’Observateur, le ministre-conseiller cite les décrets d’avance et la demande d’une seconde lecture parmi les leviers constitutionnels de Bassirou Diomaye Faye. Xibaaru rapporte qu’il les présente comme des options légales face à une obstruction qui, selon lui, pourrait mettre la Nation en danger.
La dissolution de l’Assemblée fait aussi partie des options envisagées par le chef de l’État, qui a rappelé qu’il s’agit d’une prérogative constitutionnelle dont l’exercice dépendra des circonstances. Me Abdoulaye Tine a reconnu sur RFI qu’elle représenterait un pari risqué : depuis le limogeage d’Ousmane Sonko, le 22 mai, Bassirou Diomaye Faye a perdu la majorité de 130 députés sur 165 remportée aux législatives de novembre 2024. La Constitution permet au président de dissoudre le Parlement et de convoquer des élections anticipées à partir de décembre 2026, mais cette voie ouvrirait une période d’incertitude politique.
Le débat porte aussi sur la manière de sortir du blocage sans recourir à une dissolution. Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center, estime qu’un Premier ministre issu de la majorité parlementaire serait une solution logique. Me Abdoulaye Tine, lui, affirme que le dialogue entre les institutions et l’adoption d’un budget répondant aux préoccupations des populations doivent rester prioritaires. Il soutient que le chef de l’État n’a pas besoin d’une mobilisation partisane pour protéger la République.
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