Bande Verte à Yoff : les ayants droit coutumiers pressent l’État d’accélérer la régularisation foncière…

Lors d’une conférence de presse tenue hier à Dakar, le collectif des familles détentrices de droits coutumiers sur les terrains de la Bande Verte (Ngor-Ouakam-Yoff ) , située autour de l’ancien périmètre de l’aéroport Léopold Sédar Senghor à Yoff, a lancé un appel pressant aux autorités pour accélérer la finalisation de la régularisation foncière.

Par la voix de son représentant, Matar Diène, le collectif affirme inscrire sa démarche dans une volonté de « solution juste, encadrée et bénéfique pour l’intérêt général ». Il rappelle que ces terres sont occupées depuis plusieurs générations par des familles lébous, mais que leur régularisation est longtemps restée bloquée en raison de contraintes juridiques liées notamment à l’activité aéroportuaire et à la présence du VOR.

Aujourd’hui, selon le collectif, ces contraintes ont évolué avec la réduction de l’emprise aéroportuaire et le déplacement du dispositif technique, ouvrant ainsi la voie à une procédure de régularisation par bail. Si les dossiers ont été déposés conformément aux exigences administratives, ils restent toutefois en attente de traitement.

Face à cette situation, les concernés mettent en avant plusieurs enjeux majeurs : la sécurisation juridique du foncier, la réduction des tensions sociales, la valorisation économique des terrains et un aménagement urbain maîtrisé. Ils demandent ainsi aux autorités d’accélérer le traitement des dossiers, de mettre en place un cadre clair de finalisation et de garantir l’équité entre citoyens.

Dans un discours à forte portée symbolique, Matar Diène a élargi le débat à la question de la justice foncière pour les Lébous. Il a dénoncé une situation qu’il qualifie d’injustice historique, rappelant que ces populations sont les premiers occupants de la presqu’île du Cap-Vert. « Avant l’État, il y avait des peuples. Avant les lois, il y avait des droits », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité pour l’État de reconnaître et protéger ces droits coutumiers.

Le collectif appelle ainsi à une régularisation immédiate des terres, à l’attribution sécurisée de baux aux ayants droit et à une reconnaissance officielle de leurs droits. « Nous ne demandons pas la faveur, nous exigeons le droit », a conclu Matar Diène, en interpellant les décideurs sur leur responsabilité face à ce dossier sensible.

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