Le collectif Diaspora de Toubab Dialaw hausse le ton. Face à la presse, ses membres ont vivement dénoncé l’attribution annoncée de 600 hectares supplémentaires à Dubaï World dans le cadre du projet portuaire, alors que 1 200 hectares ont déjà été cédés dans des conditions qu’ils jugent « opaques ».
Indignés, ils estiment que le processus en cours s’apparente à une véritable « spoliation » des terres appartenant aux populations locales. « Alors que la médiation sur les 1 200 hectares reste partielle, inachevée et injuste, une nouvelle ponction de 600 hectares est annoncée au profit du même opérateur », ont-ils regretté.
Pointant un manque de transparence, le collectif interpelle directement les nouvelles autorités. «Nous sommes face à un scandale d’État. Près de 1 200 hectares ont été attribués dans des conditions opaques. Aujourd’hui, on revient pour en céder 600 supplémentaires, toujours au bénéfice du même opérateur, avec le même mépris pour les droits des populations », dénoncent les camarades de Idrissa Badji.
Les membres du collectif évoquent également une hypothèse jugée préoccupante : ces nouvelles terres pourraient servir à éponger une dette. « Selon certaines sources, ces 600 hectares seraient utilisés pour régler une dette. Pendant ce temps, des familles entières risquent de perdre leurs terres », alertent-ils.
Rejetant l’argument des zones économiques spéciales, qu’ils considèrent comme un simple habillage juridique, ils dénoncent une décision « injuste et absurde ». « Ces terres sont densément occupées : on y trouve des habitations, des écoles, des commerces et des champs cultivés depuis des générations », soulignent-ils.
Des exigences fermes
Face à cette situation, le collectif formule plusieurs revendications :
la suspension immédiate de toute procédure d’expropriation à Toubab Dialaw et dans les zones concernées ; la réalisation d’un audit indépendant, transparent et contradictoire sur les 1 200 hectares déjà cédés ainsi que sur les 600 hectares supplémentaires ; la publication des conditions réelles des concessions foncières ; la mise en place d’un cadre de concertation inclusif et sincère.
Le collectif appelle enfin à l’activation du comité de suivi annoncé par le président de la République lors d’une audience avec des dignitaires locaux, afin d’assurer à la fois la protection des investissements et le respect des droits des populations, notamment celles de la diaspora.