Le traitement de l’hépatite B reste payant au Sénégal, malgré la subvention de certains médicaments. Le professeur Bamba Kane, coordonnateur du Programme national de lutte contre les hépatites (PNLH), s’est engagé à défendre la gratuité des soins. L’enjeu est considérable : environ 85 % des Sénégalais ont déjà été en contact avec le virus, plus contagieux que le VIH, et entre 5,7 et 10 % de la population en est porteuse chronique.
« Aujourd’hui, nous devons tendre vers la gratuité du traitement », a-t-il déclaré, selon l’APS, lors d’un atelier consacré au bilan des activités de la cohorte SEN-B et à ses perspectives pour 2026-2030. Alors que le Sénégal vise l’élimination des hépatites virales B et C d’ici 2030, le coût des soins reste un obstacle à lever pour renforcer la prise en charge.
Le ténofovir, médicament fréquemment utilisé contre cette maladie, reste vendu malgré sa subvention : la boîte coûte 5 000 francs CFA. Bamba Kane déplore que cette dépense constitue un frein à la prise en charge des patients.
Le coordonnateur a salué les résultats du projet SEN-B, dirigé par le professeur Moussa Seydi. Plus de 1 000 patients ont bénéficié gratuitement de consultations, d’examens biologiques, d’échographies et de traitements. Bamba Kane estime que cette initiative mérite d’être développée et que ses données scientifiques peuvent aider à mobiliser davantage de financements nationaux et internationaux.
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Il a également regretté l’insuffisance des moyens consacrés à la lutte contre les hépatites et plaidé pour un engagement financier accru afin d’améliorer la prévention et l’accès aux soins. Fatou Nguirane, présidente de l’association Safara Hépatite Sénégal, a pour sa part salué l’identification de personnes concernées dans différentes localités et l’orientation des patients vers les services de prise en charge.
Elle s’est inquiétée de la hausse annoncée des coûts du dépistage, de la vaccination et des bilans médicaux. Elle demande aux responsables du PNLH de rendre ces services plus accessibles et a réaffirmé l’engagement des associations à réduire le coût global de la prise en charge.
Lancé en 2019, le projet SEN-B associe recherche clinique, prévention, sciences sociales et formation.





