Babacar Gaye : « Ce gouvernement n’a pas été composé pour continuer, mais pour négocier »

Alors que l’attention se focalise sur le départ d’Ousmane Sonko de la Primature, l’économiste Babacar Gaye invite à regarder au-delà des personnes. Selon lui, la nouvelle architecture gouvernementale, marquée notamment par le renforcement des prérogatives de Cheikh Diba, révèle la préparation d’une phase de négociations économiques décisives avec les partenaires financiers internationaux.

L’économiste Babacar Gaye voit dans le récent réaménagement gouvernemental bien plus qu’un simple changement d’équipe. Selon lui, le départ d’Ousmane Sonko de la Primature ne constitue pas le principal enseignement de la séquence politique actuelle.

« Tout le monde commente le départ de Ousmane Sonko. Le vrai signal est ailleurs », affirme-t-il, estimant que la nouvelle architecture gouvernementale traduit une réorientation économique majeure.

L’économiste s’attarde notamment sur la nomination de Cheikh Diba à la tête d’un vaste portefeuille regroupant l’Économie, les Finances et le Plan. « Ce n’est pas un organigramme. C’est un dispositif de négociation, une voix unique pour s’asseoir à une table difficile », analyse-t-il.

Selon Babacar Gaye, cette concentration des leviers budgétaires, de la planification et des relations avec les bailleurs de fonds sous une même autorité intervient dans un contexte de fortes contraintes financières. « Avec une dette supérieure à 130 % du PIB, des eurobonds fermés et un mur de remboursement en 2026-2027, l’arithmétique a déjà tranché la trajectoire », soutient-il.

L’économiste estime ainsi que le gouvernement se prépare à ouvrir une nouvelle phase dans sa gestion de la dette. « Ma lecture : dans les jours qui viennent, la posture bascule du refus vers un traitement de la dette », avance-t-il.

Pour autant, prévient-il, le terme de « restructuration » pourrait être évité au profit d’autres formulations. « Attendez-vous à un lexique de substitution : “rétablissement de la crédibilité”, “reprofilage”, “traitement encadré” », explique-t-il.

Sa conclusion est sans ambiguïté : « Ce gouvernement n’a pas été composé pour continuer. Il a été composé pour négocier. »

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire