Audience de Diomaye Faye : la représentativité du secteur privé en débat

Qui le pouvoir économique sénégalais entend-il réellement lorsqu’il reçoit des représentants du secteur privé ? L’audience de Diomaye Faye avec le secteur privé, présentée par la Présidence comme une étape du dialogue avec les acteurs économiques, a suscité une controverse sur les méthodes de gouvernance.

La démarche répond à un besoin concret. Le Sénégal doit composer avec de fortes contraintes financières, la pression sur le pouvoir d’achat et la nécessité de soutenir la production et l’emploi. L’État ne peut pas investir seul, créer tous les emplois ni conduire isolément la transformation économique.

La discussion porte toutefois sur le choix des interlocuteurs. Dans une tribune relayée par xalimasn au ton virulent, Adama Gaye critique ce qu’il décrit comme la reproduction de pratiques anciennes et met en cause la sélection des personnalités reçues au Palais. Il pose surtout une question : les entreprises et organisations présentes représentent-elles l’ensemble de l’économie sénégalaise ?

Une représentation au-delà des grandes entreprises

Le tissu économique national comprend aussi des PME, des commerçants, des industriels, des artisans, des agriculteurs, des acteurs du numérique, des start-up et des entrepreneurs individuels. Une partie de ces acteurs évolue en dehors des cercles institutionnels.

Ils rencontrent pourtant les mêmes obstacles qui ralentissent l’activité : accès au crédit, fiscalité, coût de l’énergie, lourdeurs administratives, accès aux marchés, concurrence et faibles capacités d’exportation. Une politique de transformation économique ne peut donc pas se limiter aux entreprises déjà installées.

La question de la représentativité rejoint celle de l’accès aux décisions publiques : quels entrepreneurs peuvent présenter leurs projets, être entendus par l’État et bénéficier de ses dispositifs économiques ?

La rupture politique confrontée aux pratiques économiques

Les nouvelles autorités ont promis de rompre avec certaines méthodes de gouvernance et de bâtir un autre modèle économique. Cette orientation nourrit l’attente de nouveaux mécanismes et de nouveaux interlocuteurs.

La présence de figures économiques déjà associées aux pouvoirs successifs peut alimenter le doute, même si l’expérience et les capacités d’investissement restent utiles. Le débat oppose ainsi la continuité des compétences à la continuité éventuelle des privilèges, sans qu’un entrepreneur ayant travaillé avec les anciens régimes doive être automatiquement écarté.

Les « champions nationaux » au-delà des cérémonies

Adama Gaye revient également sur l’épisode des « cinq champions nationaux » présentés au Palais. L’idée consiste à faire émerger des entreprises sénégalaises capables de soutenir la croissance, de conquérir des marchés régionaux et de concurrencer les groupes étrangers.

Pour mesurer cette politique, plusieurs critères sont avancés : les emplois créés, les investissements réalisés, la production supplémentaire, les exportations et la valeur ajoutée locale. Une autre interrogation concerne le risque de voir quelques entreprises devenir des bénéficiaires permanents de la commande publique.

La place des jeunes et des femmes constitue enfin un autre point soulevé dans la controverse. Le Sénégal compte une population jeune et un important tissu d’activités porté par les femmes.

En février 2026, le directeur général de l’APIX, Bakary Sega Bathily, avait reconnu que le modèle du Conseil Présidentiel de l’Investissement avait atteint ses limites avant sa prochaine tenue prévue en mars.

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Un commentaire

  1. Le chef de l’Etat a raison de saluer la qualité du dialogue avec le secteur privé . Des Patrons braves et résilients, presque à l’italienne qui ne préoccupe jamais des questions Politiciennes. l’état leur doit de l’argent, bcp d’argent mais ils ne crient pas partout et tout le temps. Contrairement à une certaine caste de vieux syndicalistes qui menacent  » d’embraser » le Pays a cause de détails de CDD mais surtout parce qu’ils veulent continuer à gouverner les institutions sociales telles que la CSS et l’IPRES, comme s’ils étaient les actionnaires légaux de ces organismes. Et pourtant ce sont ces braves employeurs qui financent exclusivement ces deux Institutions. Ils ne faut qu’ils laissent ces syndicalistes prendre en otage leurs salariés dans des grèves crypto-personnelles. Dîtes Non à leur chantage ! Le jeune Président de la République mérite d’être accompagnés dans sa volonté de développer le Sénégal et c’est les Patrons qui créent les richesses nationales d’un Pays et ceux du Sénégal aiment leur magnifique Pays, même turbulent des fois.

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