Assemblée nationale du Sénégal veut durcir le ton contre l’absentéisme parlementaire. Réunie le 6 mai 2026, la Commission des lois a adopté à la majorité la proposition de loi n°10/2026 portant modification de l’article 118 du Règlement intérieur. Le texte, qui doit être examiné en séance plénière ce vendredi 8 mai, prévoit des sanctions renforcées contre les députés absents sans justification.
La réforme vise à « restaurer la crédibilité » de l’institution parlementaire face aux critiques récurrentes de l’opinion publique sur les sièges souvent vides dans l’hémicycle. Présentant le rapport devant les commissaires, Yongar Dione a insisté sur les principes « d’exemplarité », de « transparence » et de « redevabilité » des élus. Selon les auteurs du texte, « l’assiduité n’est pas un simple choix politique mais une obligation directement liée à l’exercice du mandat ».
La réforme introduit un système progressif de sanctions basé sur une constatation « fiable et traçable » des absences. Les députés concernés pourront toutefois présenter des justificatifs avant toute décision disciplinaire. Parmi les mesures envisagées figure la suspension des indemnités parlementaires pour les élus cumulant des absences injustifiées.
Mais la disposition la plus sensible concerne la possibilité d’une « démission d’office ». Le texte prévoit qu’au-delà d’un certain seuil d’absences répétées, évoqué autour de dix séances injustifiées, un député pourrait perdre son mandat. Une mesure qui a suscité des réserves chez certains parlementaires, lesquels estiment qu’un mandat confié par le peuple « ne peut relever d’un simple mécanisme disciplinaire interne ».
Les promoteurs de la réforme défendent toutefois un dispositif qu’ils jugent encadré et non arbitraire. Ils rappellent que les élus visés disposeront d’un droit de défense et que toute décision passera par un examen du Bureau puis un vote de l’Assemblée.
Le texte reconnaît également plusieurs motifs d’absence légitime, notamment la maladie, les missions parlementaires, les obligations judiciaires ou les cas de force majeure. Un régime spécifique pourrait aussi être accordé aux députés de la diaspora.