« On ne légifère pas dans le tâtonnement », a déclaré Abdou Mbow en demandant la suspension des travaux consacrés à la santé en milieu carcéral. Les députés ont rejeté les questions préalables déposées par le membre de Takku-Wallu et par Thierno Alassane Sall, député non-inscrit, comme l’indique xalimasn, et ont décidé de poursuivre l’examen de la proposition de loi.
Abdou Mbow avait demandé l’ajournement de la séance, mettant en avant les conséquences financières possibles du texte. Il a estimé que celui-ci ne prévoyait pas de recettes compensatoires pour couvrir les dépenses qu’il pourrait entraîner. Sa question préalable, destinée à bloquer la poursuite des débats, a été rejetée par la majorité des députés. Après le vote, alors que la reprise des travaux était annoncée, il a tenté de reprendre la parole au pupitre. Le président de séance, Ousmane Sonko, l’en a immédiatement empêché, dans une séquence qui a brièvement tendu la plénière.
Thierno Alassane Sall a, lui aussi, réclamé le renvoi de la session. Il a évoqué les tensions survenues mardi pendant les échanges consacrés à la carte d’identité nationale biométrique et a qualifié la convocation de la troisième session extraordinaire de démarche dictée par des « considérations politiciennes ».
La commission de la Santé, de la Population, des Affaires sociales et de la Solidarité nationale a défendu la poursuite des travaux. Sa présidente, Khady Sarr, a déclaré que les députés ne pouvaient être tenus responsables d’une « supposée crise entre les deux institutions ». Elle a aussi soutenu que la proposition s’appuyait sur la Constitution, des décisions du Conseil constitutionnel et les textes réglementaires en vigueur.
La députée Béatrice Germaine Diouf a défendu le texte au nom de la santé des détenus. Co-auteur de la proposition, Mamadou Lamine Diaïté a déclaré : « C’est une nouvelle loi dans un milieu spécifique. »





