Les débats sur la modification de l’article 37 de la Constitution ont opposé Abdou Mbow à la majorité parlementaire. Le député de l’opposition a contesté, lundi en séance plénière, le rapport présenté aux parlementaires, dénonçant un document qui ne restituerait pas fidèlement les réserves exprimées pendant l’examen du texte.
Abdou Mbow reproche aux députés du groupe Pastef d’avoir accepté les modifications gouvernementales sans rendre suffisamment compte des divergences apparues au cours des échanges. Selon lui, le rapport aurait dû présenter plus précisément les discussions et les différentes positions exprimées en commission. Cette séquence a été rapportée par senegaldirect.
La question préalable introduite par Abdou Mbow pour s’opposer à la poursuite de l’examen a finalement été rejetée en plénière. Au pupitre, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, lui a rappelé les règles encadrant les débats parlementaires, confirmant le choix de la majorité de poursuivre la procédure.
Cette confrontation intervient alors que la réforme constitutionnelle suscite aussi des tensions dans le camp présidentiel. La Coalition Diomaye Président, par la voix de sa superviseure générale Aminata « Mimi » Touré, accuse les députés de Pastef d’avoir détourné le projet initial porté par le président. Le désaccord ne porte donc plus seulement sur le contenu technique du texte, mais aussi sur la manière dont la majorité parlementaire conduit la réforme au nom du chef de l’État.
La proposition de loi n°33/2026 portait au départ sur un aspect précis de la déclaration de patrimoine du président de la République. Lors de l’examen en commission, le Gouvernement a ajouté une disposition étendant cette obligation au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale.
Le périmètre de la réforme concerne désormais les trois principales autorités de l’exécutif et du pouvoir législatif. Les échanges sur cet amendement ont donné lieu à des débats internes au sein de la majorité parlementaire avant son acceptation, précisément au cœur des critiques formulées par Abdou Mbow.
Le député de l’opposition estime que le rapport soumis à la plénière ne décrit pas suffisamment les conditions dans lesquelles l’amendement a été approuvé. Il a qualifié la révision constitutionnelle de « théâtre » orchestré au sommet de l’État, accusant le président de la République et le président de l’Assemblée nationale d’utiliser les institutions dans le cadre de leurs rivalités politiques.
L’examen de la proposition de loi se poursuit à l’Assemblée nationale, avec des discussions portant sur la transparence, la déclaration de patrimoine et les modalités d’application des nouvelles dispositions envisagées. Au-delà de l’obligation imposée aux trois responsables publics, la séquence met en jeu la maîtrise du calendrier parlementaire et la fidélité du texte adopté au projet initial du président.
