Carte d’identité : Abdou Mbow dénonce une « catastrophe humaine » (Senego TV)

Le renvoi en commission du projet de loi n°21/2026 modifiant la loi n°2016-09 du 14 mars 2016 instituant une carte d’identité biométrique CEDEAO continue de susciter des réactions au sein de l’Assemblée nationale. Le député Abdou Mbow a vivement réagi à cette décision, dénonçant ce qu’il considère comme un manque de responsabilité de la part de certains parlementaires.

Dans son intervention, l’ancien président du groupe parlementaire de l’APR a d’abord évoqué une « catastrophe matérielle », avant de parler d’une « catastrophe humaine ».

« On parle de catastrophe matérielle, mais c’est aussi une catastrophe humaine. Nous voyons des députés qui sont là depuis longtemps et qui prennent la parole, mais qui, selon moi, n’ont pas la connaissance nécessaire des enjeux qui intéressent le Sénégal », a-t-il déclaré.

Abdou Mbow estime que le pays traverse une période particulièrement difficile, marquée, selon lui, par les difficultés économiques et sociales. Il cite notamment la situation des Sénégalais confrontés à la baisse de leur pouvoir d’achat, les difficultés rencontrées par les jeunes et l’arrêt de certaines activités dans le secteur du BTP.

Le député évoque également la situation dans le monde rural. Il alerte notamment sur les difficultés liées à la pluviométrie, particulièrement dans les zones du nord du pays, où il affirme que le déficit pluviométrique atteint parfois 300 millimètres.

Pour Abdou Mbow, dans un tel contexte, les pouvoirs publics et les députés doivent, au contraire, faire preuve de responsabilité et concentrer leurs efforts sur les préoccupations des populations.

« Ils sont en train de regarder le Sénégal mourir »

Abdou Mbow critique les rapports entre l’Assemblée nationale et l’Exécutif, estimant que les querelles institutionnelles ne devraient pas prendre le dessus sur les urgences du pays.

« Aujourd’hui, au lieu de soutenir le Sénégal, certains sont en train de le regarder mourir », lance-t-il.

Il s’en prend également à la gestion économique du pays et reproche à la majorité parlementaire de ne pas apporter, selon lui, de réponses suffisantes aux difficultés rencontrées par les Sénégalais.

Le renvoi en commission vivement contesté

Abdou Mbow revient sur la décision de renvoyer le projet de loi sur la carte d’identité biométrique en commission. Il critique particulièrement la position défendue par le président de la Commission des lois, Abdoulaye Tall, et estime que certaines questions qui relèvent, selon lui, du règlement intérieur auraient été déplacées sur le terrain de la procédure législative.

Le député de l’opposition dénonce ainsi un manque de maîtrise du processus parlementaire et reproche à la majorité d’avoir, à plusieurs reprises, rejeté ou renvoyé des textes portés par l’opposition.

« C’est la première fois que cette majorité, lorsqu’une loi est votée et qu’elle est envoyée au Conseil constitutionnel, considère que la loi n’est pas bonne », affirme-t-il, en contestant la manière dont certains textes sont traités.

Abdou Mbow ajoute en appelant les parlementaires à placer les intérêts du Sénégal et des Sénégalais au-dessus des affrontements politiques.

« Aujourd’hui, il faut faire autre chose pour le Sénégalais. Il faut dépasser ces querelles autour des propositions de loi et des projets de loi », soutient-il.

Le projet de loi n°21/2026 figurait au programme de la séance plénière du 29 septembre 2026. Le texte vise à modifier la loi n°2016-09 du 14 mars 2016 instituant une carte d’identité biométrique CEDEAO.

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