Le député Abdou Mbow, membre du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a vivement critiqué la gestion de la réforme du Code électoral. Selon L’Observateur, dont l’article a été repris par Dakaractu, il accuse le pouvoir d’avoir orchestré une « pièce de théâtre » au sommet de l’État.
Pour Abdou Mbow, l’affaire des « deux versions » du texte de loi transmises entre l’Assemblée nationale et la Présidence dépasse une simple erreur administrative. Il y voit la preuve d’un malaise profond et d’une confrontation politique ouverte entre les plus hautes autorités du pays. « Nous assistons aujourd’hui à un bras de fer politique entre le Président et son Premier ministre », affirme-t-il. Il parle même d’une « crise institutionnelle grave » où « les institutions de la République ne parlent plus le même langage ».
Une loi « taillée sur mesure » pour Sonko
Sur le fond de la réforme, Abdou Mbow estime que le texte n’aurait jamais dû être soumis aux députés. Il accuse le pouvoir d’avoir conçu une loi « taillée sur mesure » pour Ousmane Sonko, qu’il qualifie de « guide des illusions ». Selon lui, cette initiative viole le principe fondamental selon lequel une loi doit être générale et non personnelle. Il dénonce également l’adoption rapide du texte en « 24 heures », qu’il juge contraire aux procédures légales.
Le député critique aussi le fonctionnement de l’Assemblée nationale, pointant la responsabilité de son président. Il dénonce « une légèreté » et « un manque de sérieux » dans la gestion administrative du Parlement. Revenant sur la séance du 9 mai 2026 consacrée à la seconde lecture, il affirme : « Ce à quoi nous avons assisté n’était pas une plénière, mais une pièce de théâtre ». Il dénonce des irrégularités, notamment le fait qu’un membre du bureau se serait substitué au rapporteur lors du vote, ce qu’il considère comme « totalement illégal ».
Abdou Mbow a également dénoncé ce qu’il qualifie « d’arrestations arbitraires » visant plusieurs responsables de l’opposition, citant Pape Malick Ndour, Moustapha Diop ou encore Farba Ngom. Enfin, concernant les rumeurs d’une intervention de Macky Sall dans la décision de ne pas saisir le Conseil constitutionnel, il dément toute consigne directe, mais reconnaît que Macky Sall demeure « le patron politique » de leur coalition.