Le député Pastef Amadou Ba estime que l’Assemblée nationale ne peut ouvrir de commissions d’enquête sur les dossiers ASER et Kosmos, car ils sont déjà entre les mains d’organes chargés de les examiner.
Il affirme que le Pool judiciaire financier instruit l’affaire de l’ASER, liée à 37 milliards de FCFA, et que l’Inspection générale d’État a été saisie du dossier Kosmos, qui porte sur un montant présumé de 50 milliards. Ndarinfo rapporte qu’Amadou Ba s’appuie sur la Constitution et le Règlement intérieur pour soutenir que les députés ne peuvent enquêter sur des faits faisant l’objet de procédures judiciaires. Cette lecture oppose un obstacle juridique à Thierno Alassane Sall, député qui avait porté plainte dans le dossier ASER, et limite la voie parlementaire pendant que l’affaire suit son cours judiciaire.
La position du député vise les commissions d’enquête sur l’ASER et Kosmos, alors que leurs auditions publiques alimentent le débat depuis lundi. Dans une note explicative diffusée vendredi, l’Assemblée a rappelé que son règlement exclut la création d’une commission lorsque des poursuites sont en cours ou qu’un jugement définitif a été rendu. L’IGE est un organe de contrôle administratif rattaché à la présidence de la République.
Le débat se déroule dans un climat de tensions internes au pouvoir. Les députés doivent se réunir en session extraordinaire le 10 août 2026, à la convocation du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, pour examiner notamment la gestion des exonérations fiscales et les modalités de délivrance des licences de pêche. Dans ce contexte, des députés de Pastef visent, à travers des dossiers sensibles, le président Bassirou Diomaye Faye et le ministre du Pétrole Abdourahmane Diouf.
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Amadou Ba présente les critiques adressées aux commissions comme une offensive contre la majorité. Il a déclaré que « le système a activé tous ses relais, de la petite société civile aux faux neutres », avant d’affirmer que « la machine de la transparence est lancée ».
Ousmane Sonko a, pour sa part, défendu le principe d’une commission d’enquête qui n’épargne personne, y compris les membres de Pastef. Il a rejeté l’idée qu’elle soit dirigée contre des personnes déterminées ou qu’elle serve à régler des comptes. Cette assurance prend place au cœur de la controverse : alors qu’Amadou Ba invoque les procédures en cours pour contester l’ouverture de commissions sur l’ASER et Kosmos, Sonko affirme que l’enquête parlementaire ne doit protéger aucun camp.
Thierno Alassane Sall, qui avait déposé plainte dans le dossier ASER, a été entendu plus de six heures à la Section de recherches de la gendarmerie en juin.
Mise à jour du 10 octobre à 14 h 06.
Sur les dossiers ASER et Kosmos, déjà évoqués par le député pour s’opposer à des commissions d’enquête, Amadou Ba avance un autre argument : la Constitution et le règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN) interdiraient formellement aux députés d’enquêter sur des dossiers judiciaires. Dans sa publication sur Facebook, il accuse aussi « le SYSTÈME » d’avoir activé des relais, de la société civile aux « faux neutres », pour discréditer le travail parlementaire. Le député affirme enfin que la transparence est déjà engagée et que « le peuple ne se laissera pas déposséder de son droit de savoir ».


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Jai trop honte pour ces malhonnetes