Une étude mondiale menée par Kaspersky révèle la rapidité avec laquelle les arnaques par messagerie peuvent entraîner des pertes financières et le vol de données personnelles. En Afrique, WhatsApp apparaît comme l’un des principaux canaux utilisés par les fraudeurs.
À l’échelle mondiale, 52 % des arnaques par messagerie aboutissent en moins de 30 minutes, tandis que 14 % des victimes déclarent que l’ensemble du processus s’est déroulé en moins de cinq minutes. Les cybercriminels misent notamment sur l’urgence et l’usurpation d’identité pour pousser leurs victimes à agir avant même qu’elles ne puissent vérifier l’identité de leur interlocuteur.
Au Sénégal, WhatsApp est cité par 63 % des victimes comme canal utilisé par les fraudeurs, devant notamment les SMS, mentionnés par 51 % des répondants. Plus de trois quarts des victimes sénégalaises (77 %) déclarent avoir subi une perte financière à la suite d’une arnaque par messagerie.
En Côte d’Ivoire, 69 % des victimes déclarent également avoir perdu de l’argent, tandis que 63 % affirment s’être fait dérober des données personnelles. Les escroqueries peuvent par ailleurs se poursuivre sur plusieurs plateformes : 91 % des victimes ivoiriennes indiquent que l’arnaque s’est poursuivie sur au moins une autre plateforme.
Selon l’étude, l’intelligence artificielle renforce désormais les capacités des escrocs. Au Sénégal, 57 % des victimes estiment avoir été confrontées à des messages générés par l’IA et 60 % à des voix de synthèse ou clonées. En Côte d’Ivoire, 55 % évoquent l’utilisation de voix artificielles et 40 % de contenus deepfake.
Les victimes ne sont plus uniquement des personnes âgées ou peu familières avec le numérique. Les données montrent qu’elles appartiennent à différentes générations, de la génération Z à la génération X.
Au-delà des pertes financières, les conséquences psychologiques peuvent également être durables. En Côte d’Ivoire, frustration, sentiment de trahison et colère figurent parmi les principales réactions des victimes.
Face à cette évolution, Kaspersky recommande notamment de prendre le temps de vérifier les demandes urgentes, de contrôler l’identité des interlocuteurs par des moyens indépendants, d’utiliser des mots de passe robustes et uniques et de rester vigilant face aux liens et notifications suspects.
« Ces nouvelles arnaques par messagerie sont pensées pour être indiscernables de nos communications habituelles », déclare Marc Rivero, Lead Security Researcher au sein du GReAT de Kaspersky. « De plus, l’IA accélère le mouvement : elle aide les escrocs à usurper l’identité de marques, de voix connues et de proches, à une échelle inédite. Être simplement informé des risques n’offre donc plus une protection suffisante. »
Il conclut : « Les utilisateurs doivent repérer les dangers plus tôt, avant d’être poussés à agir dans la précipitation. Il est essentiel de combiner de bonnes habitudes, comme faire une pause et vérifier les identités de manière indépendante, avec l’utilisation de solutions de sécurité robustes qui détectent et bloquent ces menaces en temps réel. »
Pour les experts cités dans l’étude, la prudence reste essentielle, alors que l’IA permet aux fraudeurs de rendre leurs messages, leurs voix et leurs identités usurpées toujours plus crédibles.
