Arabie saoudite : le sommet du Golfe relance l’enjeu d’un passage maritime clé

Les dirigeants du Golfe se sont réunis mardi à Djeddah, en Arabie saoudite, pour leur première rencontre en présentiel depuis le début, il y a deux mois, de la guerre impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Ce sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’est tenu dans un contexte de fortes tensions régionales, sur fond de cessez-le-feu fragile entre Washington et Téhéran.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les chefs d’État et représentants des six pays membres du CCG ont été accueillis par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à leur arrivée à Djeddah. L’agence de presse saoudienne SPA a indiqué que les discussions ont porté sur plusieurs dossiers liés aux évolutions régionales et internationales, ainsi que sur la coordination des efforts du bloc face à cette crise.

D’après la SPA, figuraient notamment parmi les participants le prince héritier du Koweït Cheikh Sabah Al-Khaled Al-Hamad Al-Sabah, le roi de Bahreïn Hamad bin Isa Al Khalifa et l’émir du Qatar Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani. Après la réunion, ce dernier a affirmé sur les réseaux sociaux que le sommet reflétait « la position unifiée du Golfe » face à la guerre, avec un appel à renforcer la coordination en faveur d’une issue diplomatique afin de préserver la sécurité et la stabilité de la région.

Les échanges ont eu lieu alors que les États-Unis examinent une proposition iranienne visant à mettre fin à la guerre et à rouvrir le détroit d’Ormuz, axe maritime majeur pratiquement fermé pendant le conflit. En temps normal, cette voie de passage voit transiter un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié. Les six pays du CCG – Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis – ont insisté sur la nécessité de sa réouverture et sur l’objectif d’un accord permanent et durable.

La réunion de Djeddah a aussi coïncidé avec l’annonce par les Émirats arabes unis de leur retrait de l’OPEP et de l’OPEP+, au nom de leurs « intérêts nationaux ». Plus tôt dans la journée, le ministère qatari des Affaires étrangères avait mis en garde contre le risque d’un « conflit gelé » dans le Golfe. Son porte-parole, Majed al-Ansari, a déclaré que Doha ne voulait pas voir les hostilités reprendre ni un conflit suspendu susceptible de repartir pour des raisons politiques.

Pendant la guerre, l’Iran a visé des infrastructures énergétiques majeures dans l’ensemble des pays du CCG, ainsi que des entreprises liées aux États-Unis, d’autres infrastructures civiles et des installations militaires. Les attaques ont diminué depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran le 8 avril, mais les pays du Golfe restent prudents, aucun accord définitif n’ayant encore été conclu pour mettre fin au conflit.

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