C’est une séquence diplomatique d’une rare intensité qui se joue actuellement dans le Golfe. Alors que les canaux de communication semblaient figés, une capitale arabe accueille, depuis ce vendredi, des délégations de haut niveau venues de Kiev, Moscou et Washington. Au centre de ces échanges tripartites, une problématique territoriale spécifique a été érigée en priorité absolue par la présidence ukrainienne.
Le choix d’Abou Dhabi pour ces discussions ne doit rien au hasard. La capitale des Émirats arabes unis sert, ce vendredi et samedi, de plateforme neutre pour des négociations trilatérales confirmées par les différentes parties prenantes. Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, l’ordre du jour est dominé par la situation dans l’est de l’Ukraine, un point sur lequel Volodymyr Zelensky insiste particulièrement.
La question du Donbass comme préalable
Le président ukrainien a tenu à clarifier les enjeux dès l’ouverture de cette séquence. D’après ses déclarations rapportées par Ukrinform, la résolution du conflit passe inévitablement par le sort des territoires de l’Est. « La question du Donbass est essentielle. Elle sera abordée et les modalités de résolution seront discutées, selon la vision des trois parties », a indiqué le chef de l’État ukrainien.
Cette focalisation sur le Donbass intervient alors que des progrès auraient été enregistrés sur d’autres volets des pourparlers de paix, ne laissant désormais qu’un « dernier point » critique à régler, selon les termes employés par l’envoyé spécial américain, Steve Witkoff.
Une médiation américaine active entre Moscou et Abou Dhabi
La mécanique de cette rencontre repose sur une navette diplomatique orchestrée par l’administration américaine. Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre du président Donald Trump, ont rejoint les Émirats arabes unis après une étape cruciale à Moscou. Volodymyr Zelensky a confirmé cette logistique complexe lors d’une intervention au Forum économique mondial : « L’équipe américaine se rendra à Moscou aujourd’hui. Elle attendait notre rencontre avec le président Trump. Elle partira donc, et mon équipe la rencontrera. »
Cette réunion technique, qualifiée de « première » sous ce format aux Émirats, vise à synchroniser les positions sécuritaires et économiques. Des groupes de travail spécifiques ont été constitués pour traiter ces deux dossiers en parallèle durant les quarante-huit heures de discussions.
La position russe reste indexée sur les accords d’Alaska
Du côté du Kremlin, la délégation dépêchée à Abou Dhabi est menée par un profil militaire de premier plan : Igor Kostioukov, chef de la Direction principale de l’état-major général des forces armées russes. Yuri Ushakov, conseiller du président russe, a précisé à la presse que cette équipe de négociation sur les questions de sécurité avait été mandatée suite aux échanges entre Vladimir Poutine et les envoyés américains.
Moscou maintient cependant une ligne directrice stricte. Les autorités russes ont réitéré qu’aucun règlement durable ne serait envisageable sans une solution aux questions territoriales, basée sur la formule établie lors du sommet qui a réuni le président Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska en août dernier.