La tension franchit un nouveau palier au Moyen-Orient. À la suite d’une attaque visant l’un de ses principaux gisements gaziers, Téhéran annonce des représailles imminentes contre plusieurs infrastructures stratégiques situées dans la péninsule arabique.
Selon un communiqué diffusé mercredi par l’agence iranienne Tasnim, les autorités de la République islamique prévoient de cibler cinq installations réparties en Arabie Saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar « dans les prochaines heures ». Les sites explicitement identifiés sont la raffinerie SAMREF et le complexe pétrochimique de Jubail côté saoudien, le champ gazier d’Al Hosn aux Émirats, ainsi que la raffinerie de Ras Laffan et le complexe de Mesaieed au Qatar.
Cette menace directe fait suite à des frappes menées contre les installations du gisement offshore de South Pars, le plus grand champ gazier au monde, situé au large de la province méridionale de Bouchehr. Des médias israéliens, s’appuyant sur des sources anonymes, ont indiqué que l’armée de l’air d’Israël est à l’origine de cette opération. Le ministère iranien du Pétrole a confirmé des dégâts matériels sur le site, tout en précisant que l’incendie a été maîtrisé et qu’aucune victime n’est à déplorer dans l’immédiat.
La chaîne Al Jazeera, qui suit l’évolution de la situation, précise que ces événements s’inscrivent dans le cadre d’un conflit élargi impliquant les États-Unis et Israël depuis le 28 février. La fermeture de fait du détroit d’Ormuz par l’Iran, un point de passage critique où transite environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, a déjà provoqué une flambée des prix de l’énergie sur les marchés internationaux.
Face à cette escalade, le Qatar a officiellement réagi par la voix de Majed al-Ansari. Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères a condamné le ciblage de South Pars, rappelant que ce gisement est le prolongement direct du North Field exploité par Doha. Qualifiant l’attaque de démarche dangereuse et irresponsable, il a mis en garde contre les menaces pesant sur la sécurité énergétique mondiale et a appelé l’ensemble des parties au respect du droit international.
Sur le plan diplomatique, les pays du Golfe tentent de freiner cette dynamique de confrontation. Notre rédaction note qu’une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays arabes et à majorité musulmane a été convoquée ce mercredi à Riyad par l’Arabie Saoudite. Selon le correspondant d’Al Jazeera à Dubaï, Zein Basravi, ces États cherchent à intensifier la pression politique et diplomatique, à la fois sur l’Iran et sur les États-Unis, afin de trouver une voie de désescalade, bien que les marges de négociation se réduisent avec la poursuite des affrontements croisés.