Après la loi anti-homosexualité au Sénégal, plus de 3000 appels à l’aide reçus par une association française

Selon une enquête du Monde, reprise par Seneplus, l’association française Stop Homophobie croule sous les demandes d’aide depuis l’adoption, le 11 mars, d’une loi doublant les peines de prison pour homosexualité au Sénégal. En deux mois, plus de 3000 appels ont été reçus de Sénégalais cherchant à quitter le pays.

Une permanence téléphonique hebdomadaire mobilise chaque mercredi soir six bénévoles qui répondent en français et en wolof. Les demandes portent principalement sur l’obtention de l’asile en France, au Maroc ou en Gambie. Plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées en quelques semaines, certaines avant même l’entrée en vigueur de la loi, rapporte le quotidien français.

L’association a constitué une cinquantaine de dossiers comprenant récits détaillés, photos et certificats médicaux. Quarante ont été envoyés au ministère français des Affaires étrangères et à l’ambassade de France à Dakar dans l’espoir d’obtenir des visas humanitaires, selon Terrence Khatchadourian, secrétaire général de Stop Homophobie, cité par Le Monde.

Les témoignages consultés par le journal révèlent des situations extrêmes : mariages forcés, menaces d’internement psychiatrique, étudiants agressés à la sortie des universités, locataires expulsés après des dénonciations. Les forces de l’ordre exploitent les répertoires téléphoniques des personnes arrêtées pour identifier d’autres suspects, alimentant une spirale de délations.

L’association propose également un soutien psychologique à distance et facilite l’accès aux traitements contre le VIH pour ceux qui se cachent au Sénégal. Les réponses aux demandes de visas humanitaires sont attendues.

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Un commentaire

  1. Au rythme actuel, c’est la moitié du Sénégal qui risque de solliciter l’asile à l’étranger. D’aucuns soutiendront que quelques centaines d’individus aux profils atypiques ne constituent pas un échantillon représentatif à l’échelle nationale. Il est pourtant déplorable que personne n’ose analyser les causes profondes de ce phénomène, avec impartialité et sans céder au parti pris.

    ​Les priorités sont pourtant ailleurs. Le chaos djihadiste est à nos portes, à moins de deux kilomètres de nos frontières. Pourtant, nous continuons à nous regarder en chiens de faïence, pointant du doigt nos adversaires politiques ou ceux qui ne nous ressemblent pas. Pendant ce temps, le ciel gronde et un mur de sable s’apprête à nous engloutir, sans que nous daignions lever les yeux.

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