Au Sénégal, malgré une opinion publique largement opposée à l’homosexualité et une loi pénale qui la réprime, quelques associations sont parvenues à contourner la législation en vigueur pour continuer d’exister légalement et agir en faveur des personnes LGBT.
L’article 319 du Code pénal punit d’un à cinq ans d’emprisonnement toute personne ayant commis un « acte contre-nature avec un individu de son sexe », ainsi que d’une amende de 100 000 à 1 500 000 francs CFA. Cette disposition criminalise les rapports sexuels consensuels entre personnes de même sexe et constitue la base juridique de la répression des relations homosexuelles au Sénégal.
Face à ce contexte légal répressif, certaines organisations ont obtenus des récépissés officiels en orientant leur objet vers des domaines non explicitement liés à l’homosexualité, comme la prévention du VIH/SIDA, la santé publique et l’assistance sociale. Cette stratégie leur permet d’exercer depuis des années, parfois plus de vingt, dans un cadre légal, tout en soutenant indirectement des personnes LGBT grâce à l’accompagnement, à l’information et à la prévention.
Un responsable d’une de ces associations a expliqué que l’agrément des autorités n’était pas accordé « parce que nous sommes homosexuels, mais en raison des objectifs perçus dans notre demande », notamment des activités de santé et de prévention jugées utiles par l’administration. Ces structures adaptent leurs statuts et leurs activités pour éviter d’être directement identifiées comme des organisations « LGBT » et réduire les risques de blocage administratif ou de répression.