Le président de l’Alliance pour le Sénégal veut transformer la diaspora sénégalaise en force d’investissement, d’expertise
et d’influence économique.
Cinq instruments sont proposés pour connecter l’épargne, les compétences et les réseaux de la diaspora aux projets productifs des territoires.
Quelques jours après sa rencontre avec les responsables de l’Alliance pour le Sénégal / Andando Ngir Senegaal en Arabie Saoudite, Alioune Sarr transforme sa prise de parole de Djeddah en proposition politique.
Le président de l’Alliance pour le Sénégal propose la création d’un « Pacte national Diaspora–Territoires », destiné à organiser une nouvelle relation économique entre le Sénégal, ses collectivités territoriales et les Sénégalais établis à l’étranger. « Notre diaspora a beaucoup donné au Sénégal. Le
moment est venu de lui donner les instruments pour investir, entreprendre et participer directement à la transformation économique de nos territoires. »
Alioune Sarr refuse d’opposer solidarité familiale et investissement productif. Les transferts des Sénégalais de l’extérieur demeurent essentiels à de nombreuses
familles. Mais il estime qu’une politique publique nouvelle doit permettre à ceux qui le souhaitent d’investir plus facilement dans des actifs productifs.
« Il ne s’agit pas de demander à la diaspora d’abandonner les familles. Il s’agit d’ajouter à la solidarité familiale une deuxième puissance : celle de l’investissement. »
L’objectif serait d’orienter davantage de capitaux vers les PME, l’industrie, l’agriculture, l’immobilier productif, le tourisme, la logistique, le numérique et les infrastructures territoriales.
1. GUICHET UNIQUE
Accompagner l’investisseur de la diaspora de l’identification du projet à sa réalisation : foncier, autorisations, financement, fiscalité et formalités.
1. INVESTISSEMENT TERRITORIAL
SÉCURISÉ
Présenter des opérations documentées et structurées afin
de réduire les risques auxquels sont confrontés les investisseurs de la diaspora.
1. VÉHICULES D’INVESTISSEMENT DÉDIÉS
Permettre l’investissement collectif dans les PME et les
projets industriels, agricoles, immobiliers ou d’infrastructures, dans un cadre réglementaire approprié.
1. PLATEFORME NUMÉRIQUE
Permettre, depuis Djeddah, Riyad, Paris, Milan, New
York ou ailleurs, d’identifier un projet, consulter sa
documentation et suivre son investissement à distance.
5. RÉSEAU MONDIAL DES COMPÉTENCES
Mobiliser ingénieurs, médecins, chercheurs, financiers,
entrepreneurs, architectes, universitaires et cadres
sénégalais pour les projets structurants du pays.
NOTTO DIOBASSE : DU CONCEPT À LA DÉMONSTRATION
Alioune Sarr cite Notto Diobasse Smart City comme illustration de sa conception du développement territorial : réunir habitat, industrie, commerce, infrastructures,
agriculture et agro-industrie, formation, services et
équipements collectifs.
LE MESSAGE POLITIQUE
« Une commune ne doit plus être seulement un territoire que l’Etat administre. Elle doit devenir un territoire qui produit, attire des investissements et crée des emplois. »
Le modèle pourrait ensuite inspirer d’autres territoires sénégalais, en fonction de leurs ressources et de leurs avantages économiques propres.
DU GOLFE AUX TERRITOIRES SÉNÉGALAIS
À Djeddah, Alioune Sarr avait défendu une diversification
des partenariats économiques du Sénégal et appelé le pays à
regarder davantage vers les nouveaux pôles de capitaux, de
technologies et de croissance. Pour lui, cette diplomatie économique doit désormais avoir une traduction territoriale. « Nous devons connecter nos territoires aux capitaux, aux technologies et aux compétences du monde. La diplomatie économique ne doit pas s’arrêter dans les capitales.
Elle doit produire des usines, des entreprises, des infrastructures et des emplois dans nos communes. »
LA BATAILLE POLITIQUE DU RÉSULTAT
Derrière cette proposition apparaît la doctrine que veut installer l’Alliance pour le Sénégal. Après « Dignité – Travail – Territoires », Alioune Sarr insiste sur le résultat et sur la capacité à transformer les propositions en réalisations concrètes. « Le Sénégal n’a pas besoin d’une polémique supplémentaire. Il a besoin d’une usine supplémentaire, d’une entreprise supplémentaire, d’un agriculteur plus productif, d’un jeune qui trouve un emploi et d’un territoire qui crée de la richesse. »
