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Antonio Guterres révèle l’origine de l’érosion du droit aux 80 ans de la CIJ

Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a prononcé ce vendredi un discours solennel à La Haye lors du 80e anniversaire de la Cour internationale de Justice (CIJ). Dans un contexte mondial marqué par de multiples conflits, le dirigeant a alerté sur les menaces pesant sur le système multilatéral.

L’intervention s’est déroulée lors d’une séance spéciale au Palais de la Paix, en présence du roi des Pays-Bas, Willem-Alexander. Selon les informations rapportées par Insider Paper, António Guterres a affirmé que l’érosion du système international ne se produit pas à ses marges, mais bien en son centre. Il a explicitement ciblé les États auxquels incombent des responsabilités uniques dans le maintien de la paix et de la sécurité mondiales, soulignant que ces puissances remettent elles-mêmes en cause le droit international.

Face aux violations actuelles du droit mondial, le dirigeant onusien a exigé que la force du droit prévale systématiquement sur le droit de la force. Il a formulé un choix binaire pour l’humanité : s’orienter vers un avenir régi par l’état de droit, ou sombrer dans un avenir dicté par la force brute. Le président de la CIJ, Yuji Iwasawa, a corroboré cette analyse en relevant des signes inquiétants de remise en question ouverte du rôle même de la justice par certains pays.

La juridiction suprême de l’ONU, chargée de régler les différends entre États, traverse la période la plus chargée de son histoire. Elle instruit notamment la requête déposée par l’Afrique du Sud contre Israël, alléguant des violations de la Convention sur le génocide à Gaza. Elle a également rendu, l’année dernière, une décision historique obligeant les États à lutter contre le changement climatique sous peine de réparations.

Toutefois, les ordonnances de la Cour, bien que contraignantes en vertu de la Charte de l’ONU, se heurtent à un manque de mécanismes d’application coercitifs. La Russie a par exemple ignoré l’injonction de stopper son offensive en Ukraine. De leur côté, les États-Unis critiquent régulièrement les décisions émanant des juridictions de La Haye. L’administration américaine a imposé des sanctions aux hauts responsables de l’autre institution majeure, la Cour pénale internationale (CPI), en réaction aux mandats d’arrêt émis contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Cette défiance s’inscrit dans un climat global où les actions de Washington contribuent régulièrement à accentuer les fractures géopolitiques entre les différents blocs internationaux.

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