Dans sa confrontation avec la politique israélienne, la citation de Jean Monnet utilisée par Antonio Guterres pour définir sa ligne de conduite

Lors de sa traditionnelle conférence de presse de début d’année au siège des Nations unies à New York, le Secrétaire général de l’ONU a abordé sans détour la situation explosive au Proche-Orient. Alors que les perspectives de paix semblent s’éloigner, Antonio Guterres a tenu à préciser l’état d’esprit qui anime l’organisation internationale face aux blocages actuels, en s’appuyant sur une référence historique particulière pour qualifier sa posture.

Interrogé sur la viabilité de la solution à deux États dans le contexte actuel, le diplomate portugais a choisi d’emprunter les mots de l’homme d’État français Jean Monnet. « Je ne suis ni optimiste ni pessimiste, je suis déterminé », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par l’agence Anadolu. Cette formule sert désormais de boussole à l’action du Secrétaire général, qui a affirmé sa volonté de s’opposer « de manière très ferme » à toutes les initiatives israéliennes susceptibles de compromettre cette issue politique, ciblant spécifiquement la construction de colonies, les démolitions et les expulsions en Cisjordanie.

**Une gouvernance unifiée pour Gaza et la Cisjordanie**

Au-delà de la condamnation des violences, Antonio Guterres a esquissé les contours de l’après-guerre pour la bande de Gaza. Pour le chef de l’ONU, l’enclave palestinienne ne peut rester isolée. Il préconise la mise en place d’un « nouveau modèle de gouvernance » qui devra être progressivement rattaché à l’Autorité palestinienne. L’objectif affiché est de reconstituer une unité territoriale comprenant Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est, préfiguration du futur État de Palestine.

Cette prise de position intervient dans un contexte humanitaire et sécuritaire critique. Les données palestiniennes font état de plus de 71 000 morts à Gaza et d’au moins 1 109 Palestiniens tués en Cisjordanie occupée depuis octobre 2023. Le Secrétaire général a d’ailleurs rappelé l’avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) de juillet 2024, qualifiant l’occupation israélienne d’illégale et exigeant l’évacuation des colonies.

**Le rôle pivot des États-Unis**

Abordant les leviers diplomatiques disponibles, Antonio Guterres a pointé la responsabilité particulière de Washington. « Reconnaissons la réalité : le pays qui a le plus de pouvoir pour faire pression sur Israël est les États-Unis », a-t-il souligné, insistant sur l’importance de la reconnaissance américaine du droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

Enfin, face aux interrogations sur l’efficacité des instances internationales et le rôle du nouveau Conseil de paix, le Secrétaire général a réaffirmé la centralité du Conseil de sécurité. Il a rappelé que seul cet organe détient le pouvoir d’adopter des décisions juridiquement contraignantes et d’autoriser le recours à la force, tout en réitérant la nécessité urgente de sa réforme pour mieux répondre aux crises contemporaines.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire