Alors que la loi d’amnistie portée par l’ancien président Macky Sall est désormais adoptée et appliquée, Cheikh Ibrahima Diallo, secrétaire général du Parti Justice et Développement (PJD), livre une analyse sans concession sur l’impératif de réconciliation.
Dans un Sénégal où les plaies des crises post-électorales commencent à se refermer, le leader du PJD rejette toute tentation de « victoire par l’écrasement ». Pour lui, s’imposer uniquement par la force étatique est une impasse face à une conscience citoyenne désormais éveillée. « Le refus des peuples souverains constitue un frein automatique à toute velléité de domination », martèle-t-il. Diallo salue le récent discours de Macky Sall devant les Nations Unies, où l’ancien président a assumé l’amnistie comme un outil de dépassement, et non d’oubli.
Il y voit la reconnaissance qu’aucune stabilité durable ne peut se fonder sur l’ignorance de la volonté populaire. Pour le PJD, l’amnistie votée n’est pas une absolution aveugle mais un choix de responsabilité : ne pas oublier les faits, pardonner pour briser le cycle des revanches, et reconstruire sur des bases apaisées.
« L’avenir n’appartient pas à ceux qui cherchent à vaincre leur propre peuple, mais à ceux qui savent rassembler les forces vives », conclut Diallo. Alors que le Sénégal tourne la page, cet appel à la lucidité rappelle que la paix armée ne vaut pas la concorde consentie. L’amnistie, désormais inscrite dans le marbre de la loi, devient sous cette condition un socle pour l’avenir