À seulement 18 ans, Ameth Babou a marqué l’histoire du Concours général 2026. Élève en classe de terminale S1 au Prytanée militaire Charles N’Tchoréré, il a décroché quatre premiers prix : physique, français, citoyenneté et droits de l’homme, ainsi que dissertation philosophique. Une performance exceptionnelle qui fait de lui le meilleur élève du Sénégal cette année. Il rêve de MIT et de révolutionner les sciences au Sénégal.
« Je suis l’enfant de prof Ahmed Babo. Je suis élève en terminale S1 au prytanée militaire de Saint-Louis. Cette année au Concours général 2026, j’ai obtenu le premier prix en physique, le premier prix en français, le premier prix en citoyenneté et droit de l’homme, et le premier prix en dissertation philosophique », raconte-t-il avec fierté.
Pour le jeune prodige, cette réussite est le fruit d’un long parcours marqué par la discipline et l’ambition. « La persévérance, le travail sur le long terme, le fait de se fixer des objectifs clairs et l’affection particulière que je porte au profil de l’élève polyvalent ont été les principaux catalyseurs de ce résultat », explique-t-il.
Une ambition nourrie depuis l’enfance
Ameth Babou confie que ce sacre était un rêve ancien devenu une véritable ligne directrice.
« Ce sacre me fait rêver depuis le primaire. C’est une obsession depuis la classe de troisième. Cette ambition a toujours été le principal carburant de mes efforts », affirme-t-il.
Passionné par la littérature et la philosophie, il estime que cette ouverture intellectuelle a joué un rôle déterminant dans sa préparation.
« La passion que je nourris depuis longtemps pour la littérature et la philosophie m’a permis d’accumuler sur plusieurs années un bagage intellectuel et une culture littéraire qui se sont avérés très utiles au Concours général », souligne-t-il.
« Le Prytanée stimule une saine émulation »
Pour Ameth Babou, l’environnement du Prytanée militaire joue un rôle majeur dans la quête d’excellence.
« Au Prytanée, la culture de l’excellence stimule une saine émulation et nous pousse constamment à nous dépasser », témoigne-t-il.
Le jeune lauréat plaide pour une école sénégalaise davantage tournée vers l’innovation et la recherche. Selon lui, les élèves doivent développer « l’esprit critique, la capacité d’innovation, la créativité scientifique et littéraire, ainsi que l’esprit de recherche ».
Il insiste notamment sur l’importance des sciences et des technologies. « La promotion d’activités comme les Olympiades de mathématiques est essentielle, car elles suscitent l’amour des sciences et des mathématiques, qui sont primordiales pour le développement de la nation », dit-il.
Ameth Babou appelle également à renforcer l’apprentissage du numérique et de l’anglais. « Les élèves doivent connaître les bases du langage informatique et chacun doit être capable de maîtriser l’anglais, qui est véritablement la langue de référence en sciences », estime-t-il.
Un plaidoyer pour une nouvelle école sénégalaise
Le meilleur élève du Sénégal salue les efforts des autorités dans le domaine éducatif. « Je remercie le président de la République et je félicite le ministre de l’Éducation nationale pour les réformes curriculaires », déclare-t-il.
Mais il identifie plusieurs défis majeurs : « Le principal défi de l’éducation sénégalaise réside dans la démystification des mathématiques, qui sont très redoutées dans notre pays, dans la promotion des sciences, des technologies et de la recherche scientifique, mais aussi dans l’équilibre à trouver au niveau des programmes, car le programme sénégalais est très volumineux. »
Aux jeunes qui rêvent un jour de figurer au palmarès du Concours général, Ahmed adresse un message simple : « Persévérez, ne lâchez rien et trouvez une méthode de travail adéquate et spécifique. Il faut aussi adopter des modèles dont on peut s’inspirer et cultiver une ambition, ainsi que la discipline qui permet de continuer même quand la motivation fait défaut. »
Citant Colin Powell, il rappelle : « L’excellence n’est pas une exception, c’est une attitude dominante. »
Du Concours général au rêve américain
Ahmed Babo révèle que son ambition est née en 2019, après avoir été marqué par les performances d’une ancienne lauréate du Concours général, Diary Sow, Depuis, il poursuit un objectif clair, rejoindre les meilleures universités mondiales.
Il cite parmi ses références littéraires l’écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr et l’auteur brésilien Paulo Coelho. Dans le domaine scientifique, il dit avoir été inspiré par la mathématicienne iranienne Maryam Mirzakhani.
Son prochain objectif : intégrer une grande université américaine, notamment le Massachusetts Institute of Technology ou une université de la Ivy League, avant de revenir au Sénégal pour contribuer au développement scientifique et technologique du pays.
« Je rêve de revenir au pays pour stimuler chez les prochaines générations l’amour des sciences et des mathématiques », ajoute t-il.
Un parcours qui illustre l’ambition d’une jeunesse sénégalaise décidée à faire de l’excellence scolaire un levier de transformation nationale.
