Sénégal: un pays en mal d’opposition
Effondrement, avilissement, désincarnation, déconnexion…vers un pourrissement sur pattes.
Voilà ce qui attend notre opposition. Figurez-vous et ce n’est pas une blague, l’Apr veut vilipender Ousmane Sonko devant les instances internationales pour dénoncer la majorité Pastef et sa super domination de l’assemblée nationale.
On se demande bien quelle instance internationale va écouter les simagrées et tribulations d’opposants pour des bisbilles dans une Assemblée nationale?
Pendant ce temps-là, nos opposants n’ont pipé mot du débat d’orientation budgétaire (DOB) qui s’est tenu à l’assemblée nationale et qui a fixé les grandes lignes de notre politique économique et budgétaire.
Dans aucune de leurs points de presse, ils n’ont abordé la visite du FMI à Dakar, la question de la restructuration de la dette, le chômage des jeunes avec les derniers chiffres publiés qui sont inquiétants, la question agricole à la veille de l’hivernage, et encore moins la perspective des inondations.
Recours au conseil constitutionnel contre Sonko et Pastef, 500 signataires, 600 postes facebook, des lives et moultes gesticulations médiatiques.
Questions économiques, sociales, code du travail et de la sécurité sociale, Acte 4 décentralisation: Rien, rien, rien….Juste Sonko, Sonko, Sonko et Pastef. Un disque rayé constamment remasteurisé.
Comme on le sait, la société civile n’est spécialisée que sur les questions politiques et les dialogues interminables. La dette est un ovni qui les dépasse complètement.
Sonko responsable de la fonte des glaces, de la disparition de l’ours polaire, du réchauffement climatique…
Voilà le malheur de notre champ politique actuel.
Amadou Ba, Pastef*
Amadou, laissez- les perdre du temps sur ces détails et allons sur le terrain politique pour faire comprendre au peuple les réalités objectives actuelles pour engranger plus de voix, plus d’adhésions. Ne perdons plus de temps avec les politicards et cette société civile du genre tine . Ils représentent rien, ils sont insignifiants
L’opposition dans l’opacité ténébreuse
À force de vouloir faire d’Ousmane Sonko le responsable de tous les maux, une partie de l’opposition semble perdre de vue l’essentiel : son rôle de force de proposition et de contrôle démocratique.
L’annonce d’une saisine d’instances internationales contre Ousmane Sonko interpelle. Sur quel fondement juridique ? Quelle disposition de la Constitution ou quelle loi de la République aurait-il violée ? Quel droit fondamental aurait-il bafoué en permettant à la majorité parlementaire d’exercer les prérogatives que lui confèrent les institutions ?
Dans toute démocratie, une majorité issue des urnes gouverne et met en œuvre son programme dans le respect des règles en vigueur. Contester ses choix est légitime. Mais internationaliser un désaccord politique sans démontrer une violation du droit risque davantage de relever de la communication politique que de la défense de l’État de droit.
Pendant ce temps, les préoccupations majeures des Sénégalais demeurent : la dette publique, le coût de la vie, l’emploi des jeunes, l’agriculture, les inondations, la santé, l’éducation et les réformes économiques. C’est sur ces questions que l’opposition est attendue.
Une démocratie se renforce lorsque le débat porte sur les politiques publiques, les résultats et les alternatives. Elle s’affaiblit lorsque l’essentiel de l’action politique se réduit à la dénonciation permanente d’un homme.
La véritable question reste donc entière : qu’a fait Ousmane Sonko qui justifierait une condamnation internationale, dès lors qu’il agit dans le cadre des pouvoirs et des mécanismes prévus par les institutions de la République ?
Tant que cette question restera sans réponse précise, cette démarche apparaîtra davantage comme une stratégie politique que comme une démonstration juridique