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Aly Tandian fustige les accords de migration circulaire: «C’est triste de voir des Sénégalais réduits à des ouvriers agricoles»

2634 migrants interceptés, 44 pirogues, 50 convoyeurs arrêtés entre Dakar, Thiès et Saint-Louis. Ces chiffres, issus du dernier bilan de la Gendarmerie nationale, ont été rendus publics récemment. Mais pour Aly Tandian, sociologue et président de l’Observatoire sénégalais des migrations, ils ne disent pas tout.

Dans un entretien accordé à Sud Quotidien, l’enseignant à l’université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis appelle à une «approche prudente et contextualisée». Il rappelle que le Sénégal est devenu un espace de transit pour des migrants venus de Guinée, Gambie, Guinée-Bissau, Nigeria, Côte d’Ivoire, Ghana, Burkina Faso, mais aussi de Somalie, Pakistan ou Bangladesh. Une diversification qui relativise l’association systématique entre départs irréguliers et jeunes Sénégalais.

Le sociologue souligne aussi que les départs suivent une «logique saisonnière relativement stable»: les pics surviennent entre mai et octobre, quand la mer est plus clémente, et après des fêtes comme la Korité ou la Tabaski. Il constate un «décalage entre le temps des politiques publiques et celui des projets migratoires». Les annonces gouvernementales sur l’emploi ou l’entrepreneuriat peinent à infléchir les décisions de départ, marquées par une perte de confiance dans les promesses institutionnelles.

Interrogé sur les accords de migration circulaire entre le Sénégal et l’Espagne, Aly Tandian est critique: «C’est un peu triste de voir des populations sénégalaises être réduites en simples ouvriers agricoles» dans ce pays. Il estime que «l’Afrique ne peut être réduite à un simple espace de gestion externalisée des migrations internationales».

L’émigration irrégulière reste un phénomène structurel qui progresse malgré les mesures, conclut-il, même si sa visibilité médiatique varie selon les naufrages ou accidents en mer. En 2025, de janvier à octobre, 3 764 personnes avaient été interpellées et 47 embarcations interceptées, selon le Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière (CILMI).

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3 commentaires

  1. vous avez totalement raison c’est vraiment triste comme si nos dirigeants ne réfléchis pas

  2. Tout ça à cause de sonko sweat beauty qui a menti et déçu les jeunes. C’est triste

  3. Aly Tandian soulève un débat intéressant.
    Ma contribution sous forme de résumé des contradictions et les solutions pour avancer.

    LES 3 CONTRADICTIONS :

    1- Hub de transit vs Crise locale : On ne peut pas minimiser le départ des jeunes Sénégalais en disant que le pays est devenu un point de transit (Guinée, Pakistan, etc.), tout en affirmant que le vrai moteur reste l’échec des politiques d’emploi chez nous au Sénégal.

    2- Dignité théorique vs Réalité mortelle : Juger « triste » la migration circulaire (aller travailler légalement comme ouvrier agricole en Espagne) est un faux débat. Un contrat légal, sécurisé et rémunéré vaut mille fois mieux que l’abîme des pirogues et la mort en mer.

    3- Saisonnalité connue vs État en retard : Les départs sont prévisibles : ils explosent entre mai et octobre (mer calme) et juste après la Tabaski ou la Korité. Pourtant, l’État n’adapte jamais son calendrier d’aide à cette réalité.

    LES SOLUTIONS IDOINES :

    🔹 Valoriser la migration circulaire : Au lieu de la rejeter, il faut mieux la négocier (bâtiment, hôtellerie) et aider les jeunes à leur retour à réinvestir leur épargne dans des projets locaux au Sénégal.

    🔹 Des plans d’urgence saisonniers : L’État doit injecter des financements et lancer des chantiers d’emplois juste avant la Tabaski et la lucarne météo de mai, au moment précis où les jeunes pensent à partir.

    🔹 Une réponse régionale (CEDEAO) : Puisque les migrants viennent de toute la sous-région, il faut bloquer les réseaux de convoyeurs avec l’aide des pays voisins, avant même qu’ils n’atteignent nos côtes.

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