Entre une correction présentée comme formelle et un vote qui referme une séquence législative sensible, Alla Kane voit dans la nouvelle délibération du Code électoral un exercice démocratique abouti. Le doyen de l’Assemblée nationale, également figure de PASTEF, a défendu samedi la procédure ayant conduit à l’adoption de la loi modifiant le Code électoral, en insistant sur le respect des étapes parlementaires.
Pour lui, ce qui s’est joué ne relève pas d’un désaccord sur le fond du texte, mais d’une reprise destinée à lever des ambiguïtés de rédaction. Il a expliqué que la loi initialement adoptée avait nécessité des clarifications après l’apparition de difficultés d’interprétation liées à deux formulations différentes, ce qui a conduit au renvoi du texte à l’Assemblée nationale par le chef de l’État.
Alla Kane a détaillé une séquence que Sud Quotidien rapporte aussi à travers ses déclarations à l’APS : le texte a d’abord été réexaminé et adopté par la commission des lois, avant d’être présenté en séance plénière, puis voté par 128 voix pour et 5 contre. À ses yeux, l’Assemblée nationale a ainsi repris l’ensemble de la procédure législative, de l’examen en commission jusqu’au vote final.
Le doyen du Parlement a soutenu que cette adoption s’est faite à la majorité requise, conformément aux dispositions constitutionnelles imposant une majorité qualifiée. Il a affirmé que la procédure législative était désormais terminée et que le texte avait été transmis à la présidence de la République pour promulgation. Il a ajouté que les textes encadrent les délais de promulgation et prévoient, le cas échéant, des mécanismes institutionnels en cas de non-intervention, avec une possibilité d’intervention du président de l’Assemblée nationale dans certaines conditions.
Dans son propos, Alla Kane a aussi tenu à distinguer cette relecture d’une remise en cause du contenu de la loi. Il a parlé d’une correction de forme visant à rectifier des erreurs matérielles et à supprimer des ambiguïtés rédactionnelles, tout en affirmant que le contenu substantiel n’avait pas été modifié. Il a encore estimé que le texte avait été clarifié “de manière nette et précise” lors de la plénière, avant de résumer la situation par cette formule : la phase suivante relève désormais du président de la République.
Son intervention ne s’est toutefois pas limitée au déroulé de la procédure. Alla Kane a mis en garde contre certaines influences dans l’entourage présidentiel, qu’il juge de nature à créer des tensions politiques, et a appelé à une réorientation pour préserver l’apaisement institutionnel. Il a enfin rappelé qu’une seconde lecture d’un texte comparable remontait, selon lui, à 1974 sous la présidence de Léopold Senghor, en lien avec les fêtes légales, ajoutant qu’aucune relecture de ce type n’avait eu lieu en 52 ans, entre 1974 et 2026.
