Le juriste sénégalais Alioune Sall, professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, vient de publier un nouvel ouvrage intitulé Les grands avis et décisions de la jurisprudence constitutionnelle sénégalaise. Ce livre couvre plus de six décennies de contentieux constitutionnel, de 1960 à 2025, et propose une analyse approfondie de son évolution.
L’auteur rappelle que le contentieux constitutionnel ne commence pas avec la création du Conseil constitutionnel. Avant lui, la Cour suprême avait déjà bâti une jurisprudence significative, souvent négligée. L’ouvrage détaille les grandes réformes institutionnelles qui ont jalonné cette histoire, notamment la suppression de la Cour suprême en 1992 au profit du Conseil constitutionnel, du Conseil d’État et de la Cour de cassation, puis le rétablissement d’une Cour suprême unifiée en 2008.
Alioune Sall entend ainsi dresser un bilan sur le long terme, en identifiant continuités et ruptures. Il met l’accent sur ce qu’il nomme « la dimension mémorielle de l’acte de juger », une manière de souligner l’importance de la mémoire juridique pour comprendre le présent.
Cette publication intervient dans un contexte où le Sénégal s’interroge sur ses institutions. Le 27 avril 2026, la Présidence a rendu public un avant-projet de loi portant révision de la Constitution, comme l’a rapporté EMedia, preuve des réflexions en cours sur l’architecture judiciaire du pays.
Vice-président de la Commission du droit international des Nations unies depuis juin 2025 et ancien juge à la Cour de justice de la CEDEAO, Alioune Sall défend une approche comparatiste et internationaliste dans cet ouvrage. Il l’a conçu comme un outil de référence pour les chercheurs, les praticiens du droit et les étudiants, précise l’auteur.

