Alioune Gueye, directeur général de Petrosen, a accordé un entretien à Jeune Afrique dans lequel il expose sa vision pour la société nationale des pétroles. Deux ans après sa nomination controversée, il affiche des objectifs ambitieux : l’exploration onshore, le développement du gisement Yakaar-Teranga et le renforcement des activités aval. Son but : « faire de Petrosen l’Aramco de l’Afrique ».
En 2024, Petrosen Holding a réalisé un chiffre d’affaires de 126,7 milliards de francs CFA, bien loin des 104,65 milliards de dollars de résultat net du géant saoudien en 2025. Gueye assume ce défi. Le plan stratégique 2030 prévoit un budget de 100 millions de dollars pour l’exploration terrestre, qui reprend après des décennies d’arrêt. Les premiers forages sont programmés pour décembre 2026, à des profondeurs de 3 000 à 4 000 mètres, dans les zones de Diender et Sébikotane. « Je crois fermement que nous allons faire une découverte de classe mondiale », déclare-t-il.
Le départ de Kosmos du gisement Yakaar-Teranga en avril, perçu comme une réussite politique, est présenté par le DG comme « le fruit d’un processus négocié ». Petrosen récupère la licence et devient opérateur. Ce projet doit garantir la souveraineté énergétique du Sénégal : « Yakaar-Teranga est par essence le projet qui va asseoir la souveraineté énergétique du Sénégal », affirme Alioune Gueye. La mise en production est attendue entre 2028 et 2029, selon des informations antérieures de Petrosen.
Concernant le champ GTA, les recettes du Sénégal sur vingt ans sont estimées à 800 millions de dollars, pour un total de 30 à 40 milliards. « Ce rendement demeure dérisoire pour l’État et Petrosen car notre quote-part ne suffira pas à payer la dette et les intérêts contractés pour financer notre part du développement de ce champ », reconnaît-il. D’où la nécessité de renégocier avec BP, en espérant une « restructuration complète » du partenariat. Selon Seneplus, ces discussions sont déterminantes pour l’avenir énergétique du pays.
