À Dakar, le 5 novembre, Aïssata Tall Sall a consacré sa conférence de presse à la situation économique et à l’examen de la loi de finances rectificative (LFR) 2026. La présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a critiqué les choix du pouvoir et le déroulement des débats à l’Assemblée nationale.
Au cœur de son intervention, elle a décrit le Plan de redressement économique et social (PRES) comme un dispositif en grande difficulté. Les projections initiales tablaient sur plus de 700 milliards de francs CFA mobilisés, tandis que les recettes effectivement encaissées avoisineraient 170 milliards. Tall Sall a résumé son appréciation par la formule « la mort du PRES ».
Le déficit budgétaire sénégalais figure aussi parmi les points soulevés par l’opposante : selon les chiffres qu’elle a cités, il est passé d’une prévision de 3,4 % à 7,6 %. Ce niveau correspond à la prévision inscrite dans la LFR 2026, transmise à l’Assemblée nationale le 18 septembre. Le texte revoit substantiellement les projections initiales : croissance et recettes fiscales en baisse, investissements rabotés et subventions énergétiques en forte hausse. Tall Sall a estimé que le déficit dépasse le plafond de 3 % associé aux critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Seneweb rapporte également ses critiques sur le rejet de la LFR, intervenu à l’Assemblée nationale le 3 novembre.
Ce jour-là, la majorité a fait adopter une question préalable par 101 voix, avec 23 abstentions, empêchant l’examen du texte au fond en séance plénière. Tall Sall a dénoncé l’absence de débat général et soutenu qu’une loi de finances rectificative avait été rejetée avant même sa distribution. L’ampleur des ajustements budgétaires donne une portée particulière à cette contestation : ils touchent à la fois les ressources attendues par l’État, les investissements et le coût des aides à l’énergie.
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Les perspectives pour 2027 illustrent également l’ampleur des contraintes financières. Le projet de loi de finances initiale prévoit 6 012,1 milliards de francs CFA de recettes pour 7 363,7 milliards de dépenses, tandis que le besoin de financement de l’État est évalué à 6 608,7 milliards. La responsable parlementaire a relié la crise financière aux difficultés des entreprises, à la recherche d’emploi des jeunes et aux conditions de vie des ménages. Elle a aussi évoqué les populations rurales sans forages ni salles de classe et les familles confrontées aux délestages électriques. Selon elle, des familles dans le besoin attendent.




