Lors du congrès constitutif de Taxawu Senegaal dimanche, Khalifa Sall a livré un diagnostic critique de la situation nationale, pointant à la fois les fragilités institutionnelles, les difficultés sociales et les attentes non satisfaites des populations.
Dans son intervention, l’ancien maire de Dakar est revenu sur les tensions ayant entouré les dernières échéances électorales, qu’il considère comme révélatrices de dysfonctionnements plus profonds. Il a notamment évoqué « les conditions dans lesquelles cette élection s’est tenue », marquées selon lui par des « reports successifs, controverses juridiques, crispations politiques, soupçons sur l’impartialité de certaines institutions ».
Au-delà du cadre politique, Khalifa Sall a insisté sur le fossé entre les promesses et la réalité vécue par les citoyens. Il déplore que « les Sénégalais ont le sentiment, et même devrais-je dire la certitude, que les promesses de justice sociale, de prospérité, de transparence tant vantées et théorisées tardent à se concrétiser ».
Sur le plan social, le leader politique a dressé un tableau préoccupant des conditions de vie dans plusieurs secteurs clés. Il cite notamment les difficultés persistantes dans l’éducation, où « les enseignants réclament plus de considération et de moyens » et où les étudiants demandent « des conditions d’études dignes à la place de la violence aveugle et arbitraire ».
Le monde rural n’est pas épargné par ce diagnostic. Khalifa Sall évoque « le désarroi du monde paysan », confronté à la précarité et au manque d’accompagnement structurant. Dans le secteur de la pêche, il souligne également les inquiétudes liées à « l’épuisement progressif des ressources halieutiques ».
Les jeunes et les femmes occupent une place centrale dans son propos. Il alerte sur une jeunesse en perte de repères. « L’emploi, au lieu d’être la norme, est devenu l’exception », avant d’ajouter cette formule sans détour, « Des jeunes qui cherchent du travail, on en trouve ; des jeunes qui trouvent du travail, on en cherche ».
Concernant les femmes, il estime qu’elles « portent l’économie familiale avec héroïsme sans bénéficier de l’appui qu’elles méritent », traduisant selon lui une reconnaissance encore insuffisante de leur rôle économique et social.
En dernière instance, Khalifa Sall décrit une société traversée par de profondes fractures. Il évoque une réalité marquée par « les inégalités, le chômage, la précarité et une perte de confiance des citoyens », autant de signaux qui, selon lui, appellent une refondation du contrat social et une réponse politique à la hauteur des attentes populaires.