L’affaire dite des « actes contre nature » qui secoue la ville de Linguère connaît de nouveaux développements. Selon les révélations du quotidien Libération, trois nouvelles plaintes pour harcèlement sexuel ont été enregistrées à l’encontre d’Amadou Lamine Dia, actuellement en détention provisoire. Les plaignants seraient des agents de l’hôpital Magatte Lô de Linguère, qui affirment que le mis en cause leur aurait proposé de l’argent en échange de relations intimes.
Par ailleurs, un étudiant identifié comme Mamadou Sadibou Augustin Diédhiou a été arrêté et placé sous mandat de dépôt. Entendu par les enquêteurs, il a livré un témoignage détaillé sur son parcours. Il a affirmé avoir été victime d’abus dès le cycle primaire et a décrit Amadou Lamine Dia comme étant son « mentor » et son « partenaire officiel ». Selon des informations recueillies par Kawtef, l’étudiant aurait également évoqué des échanges compromettants.
L’enquête a également pris une tournure numérique. À l’annonce de l’interpellation de Ndiaga Seck, surnommé « Ndanane Seck », l’étudiant aurait supprimé plusieurs conversations sur les réseaux sociaux. Mais les enquêteurs disposaient déjà de captures d’écran et d’éléments numériques. Dans ses déclarations, l’étudiant a cité d’autres personnes, dont un enseignant déjà placé sous mandat de dépôt et un charretier récemment arrêté.
L’affaire s’étend au-delà de Linguère. À Louga, un compte Facebook attribué à Ndiaga Seck, sous le pseudonyme ‘Ndanane’, a conduit à son inculpation. Vingt-trois personnes ont été placées sous mandat de dépôt dans ce volet, et dix-sept autres sont recherchées. Les accusations incluent association de malfaiteurs, harcèlement sexuel, incitation à la débauche, collecte et diffusion d’images pornographiques, mise en danger de la vie d’autrui et transmission volontaire du VIH/Sida. Ahmadou Lamine Dia a affirmé avoir connu Ndiaga Seck en 2013-2014 sur Facebook et avoir eu des rapports sexuels à la Somone. Les premiers échanges entre eux remontent à octobre 2013. Ndiaga Seck admet l’existence des échanges mais conteste la nature intime. Une expertise de son téléphone est en cours.
